mardi 6 juillet 2010

Lueur d'espoir - Episode 5


- Merci, dis-je une fois sur mes pieds.
- Je t’en pris.

J’époussette mon manteau et ramasse mes affaires. L’homme m’attrape le poignet et me force à le regarder.

- Tu n’as toujours pas répondu à ma question. Qu’est-ce que tu faisais à nous surveiller là-bas ?

Je me dégage et commence à m’éloigner des lieux en regardant le détecteur de chaleur. Si j’avais le temps je leur aurais donné une sépulture décente. Comme pour tous les autres. Si j’avais le temps… Mais connaissant bien leur procédure de patrouille, cela n’allait pas être le cas.

- J’étais juste un peu curieuse. Je voulais savoir si c’était le PPNG ou l’OPPI.

L’autre ne réagit pas. De toute façon je sais que son groupe n’appartient à aucune de ces deux grandes organisations.

- Je te conseille de ne pas trop trainer dans les parages, une autre patrouille va bientôt débarquer pour voir ce qu’il est advenu de celle-là.

L’homme hoche la tête et me suis.

- Qui es-tu ? me demande-t-il.
- Peu importe qui je suis, je ne faisais que passer.

Je m’arrête et lève les yeux du détecteur. L’aube commence à pointer le bout de son nez à l’horizon. Une lueur rougeâtre s’élève au-dessus des carcasses des buildings et des maisons noyés sous les débris. L’homme se plante devant moi. Je le dévisage. Il doit avoir une vingtaine d’année, même s'il en paraît plus à cause de la faim et de la fatigue. Je sors un sachet d'abricots secs et lui en propose. J’en prends un à mon tour. Après avoir mangé il reprend la parole.

- Et bien, si tu ne restes pas qu'est-ce qui t'empêche de me dire au moins comment tu t'appelles ?

Je soupire et malgré moi je lui réponds.

- Xalyah.
- Pardon ?
- Xalyah... c'est mon prénom.
- Ha ! Moi c'est Khenzo.

Il me tend la main, mais je ne réagis pas. J’ai de nouveau les yeux rivés sur le détecteur de chaleur et ce que je vois n’est pas franchement réjouissant. Ce petit bijou de technologie est capable de repérer à dix kilomètres à la ronde la moindre source de chaleur, mais l’écran ne peut en afficher qu’un kilomètre carré à la fois. J’inspectais donc les environs sur les cinq kilomètres alentour. Le groupe de l’homme qui me tend toujours la main est retourné sur ces pas, et semble affronter un autre groupe d’individu. Les points lumineux s’agitent sur la carte. Je fronce les sourcils. Soudain plusieurs détonations résonnent au loin pour mourir à travers les ruines. Et merde…
La main de Khenzo retombe le long de sa cuisse. Ses traits se durcissent et ses muscles se contractent sous ses vêtements.

- C’est bien ce que je pense ? demande-t-il en grinçant des dents.
- J’en ai bien peur.

Sans attendre davantage il s’élance dans la première ruelle en direction des détonations. Je ne sais pas pourquoi mais mon intuition me dit de le suivre. Et je ne sais encore moins pourquoi je l’écoute.
Je m’élance à mon tour et le talonne de près. D’autres détonations résonnent à la chaine. Certaines proviennent de pistolet, d’autres de mitraillette. En tout cas, l’affrontement semble brutal. Quelques minutes seulement après les premiers coups de feu, le calme revient au-dessus des carcasses de béton et de métal. Khenzo accélère et je dois hausser le rythme pour rester derrière lui. Apparemment il fait parti de la catégorie des bons coureurs. Une chance finalement qu’une patrouille ait interrompu notre altercation. Je ne sais pas comment je m’en serais sorti sinon.
Je peine à manipuler le détecteur tout en courant. De ce que j’en vois, le nombre de point lumineux rouge a diminué de moitié. C’est pas bon signe.
Au bout d’un bon quart d’heure de course intense, il s’arrête brutalement dans une petite ruelle. Elle fait l’angle du bâtiment depuis lequel je l’observais, lui et son groupe, un peu plus tôt dans la nuit. Je manque de lui rentrer dedans et étouffe un juron. Il m’attrape par l’épaule et me plaque violemment contre le mur. Compris cinq sur cinq. Je la ferme.
L’homme jette un œil dans la rue principale. Il me fait signe d’avancer avec prudence. Par précaution j’enlève la sécurité du révolver que je viens de dégainer. Khenzo en fait de même avec son semi-automatique. On traverse rapidement la rue pour se plaquer dans le renfoncement d’un mur. Il me fait comprendre de surveiller nos arrières. Je le suis en longeant le mur jusqu’à ce que nous atteignions un grand rideau de fer. Alors qu’il s’apprête à me demander de l’aide pour le soulever le rideau s’ouvre d’un seul coup. Je pointe mon arme vers l’intérieur, distinguant vaguement des silhouettes dans l’ombre. L’homme qui m’accompagne a la même réaction. En une parfaite cacophonie tout le monde ordonne à tout le monde de rester là où il est et de baisser son arme.
Moment de silence.
Khenzo baisse son semi-automatique et éclate de rire, rapidement suivi par ceux qui nous font face. J’ai comme l’impression de me trouver bête à pointer mon arme dans le vide sous les éclats de rire. L’aîné du groupe sort de l’ombre pour prendre son compagnon dans les bras. Ils s’échangent quelques claques dans le dos, bien content d’être en vie.

- Que s’est-il passé ? demande Khenzo.

L’homme qui doit approcher la cinquantaine d’années fronce les sourcils et se gratte la tête. Les autres membres du groupe s’avancent un peu en me jetant des regards peu amicaux.

- Alors que nous revenions sur nos pas nous avons été surpris par une patrouille du PPNG. Là où ils sont ils n’emmerderont plus personne, rassure-toi. Par contre Camélia s’est pris une balle dans l’épaule et je n’ai rien pour l’extraire. Si elle continue à perdre autant de sang j’ai peur qu’elle ne s’en sorte pas avant qu’on atteigne la cité.

Jusque là j’étais restée à distance. Mais à ces mots je m’approche de Khenzo.

- J’ai de quoi assurer les premiers soins pour votre blessée.

L’aîné du groupe se tourne vers moi et m’attrape par le col de mon manteau. Son visage est à quelques centimètres du mien.

- T’es qui toi ?! siffle-t-il.
- Moi c’est Xalyah.

Ma voix est froide. Cet homme ne m’impressionne pas malgré ses airs de méchant garçon. Des types comme lui j’en ai croisé des tas. Il finit par me lâcher pour me tourner autour.

- C’était bien toi dans la banque ?
- Tim arrête, t’es ridicule là. On a plus urgent à faire.
- Ta gueule. On ne sait pas qui est cette gonzesse.

La moutarde me monte un peu au nez. J’en ai ma claque qu’on me manque de respect. C’est déjà la deuxième fois en moins d’une heure.

- Oui, c'était moi.

Je réajuste le col de mon manteau et fourre mes mains dans les poches.

- Que veux-tu ?
- Rien, j'étais juste curieuse de savoir de qui vous dépendiez.
- Nous ne dépendons de personne. Nous n'agissons pour personne. Nous...
- Oui j’avais remarqué.

Apparemment il n'a pas aimé la manière dont je l'ai coupé. Il me pousse contre le mur du hangar pour me dominer de toute sa taille.

- Quel âge as-tu ? Vingt-cinq ? Trente ans tout au plus ? Tu ne m’impressionnes pas. J'en ai au moins vingt de plus que toi et je ne ferai qu'une bouchée de ta petite personne.
- Des menaces ?
- Bon, Tim, arrête maintenant ! Khenzo l’attrape par le bras et le force à reculer. Je t'ai dit que t'étais ridicule. Elle m’a aidé face à l’autre patrouille du PPNG en en tuant plus de la moitié. Alors maintenant arrête ton cinéma et laisse-la aider Camélia. On a suffisamment d’ennemis comme ça, pas la peine d’aller s’en créer d’autres.
- Comment peux-tu être sûr qu’elle ne représente pas un danger pour nous tous ?
- Tu parierais la vie de Camélia là-dessus ?

Tim pousse un grognement de mécontentement et tourne le dos à son interlocuteur.

- Ha ! D’accord. Qu’elle aille s’occuper de Camélia. Mais je ne te lâcherai pas d’un pouce, rajoute-t-il en dardant son regard sur moi. Un pas de travers et ta vie sera réduite à néant.

Au moins ça a le mérite d’être clair.

Un petit speed fait à la va-vite et dont je ne suis pas particulière fière (pas mal d'erreur d'anatomie et de proportion). Mais... il me fallait un p'tit quelque chose pour illustrer la suite des aventures de notre Xalyah. Promis, la prochaine fois je prendrai mon temps pour mieux dessiner !
Je suis également sur un projet d'illustration beaucoup plus conséquent et qui me demande pas mal de temps... affaire à suivre donc.

samedi 19 juin 2010

Du temps de Néron



On passe sa vie à se poser des questions. De bonnes questions. De mauvaises questions. Des questions qui en sont, et d'autres qui n'en sont pas.
Si Lysiah avait vécu à l'époque de Néron qu'aurait-elle été ?
Aurait-elle joué le rôle de la mère protectrice, envahissante, meurtrière ? Aurait-elle donné sa vie pour placer son fils sur le trône ?
Aurait-elle joué le rôle de l'épouse et sœur adoptive ? Se serait-elle pliée aux règles de la haute société à en mourir ?
Aurait-elle joué le rôle de la belle-mère comploteuse ? Aurait-elle ourdi des meurtres en secret et échoué pour mourir plus tard ?
Où se trouve la place de la vérité, de l'honnêteté et de la raison dans un monde d'une telle démesure ? Sûrement pas dans les livres d'Histoire. Tacite et Suétone avaient leur propre enjeux, leur propre implication dans l'Histoire. Comment être objectif ? Comment être impartial ? Ceux qui sont coupables pour les uns sont innocents pour les autres. C'est trop facile d'accuser à tord et à travers. Que sait-on vraiment de tout ça ? Caligula était-il vraiment le fou qui fait ramasser des coquillages à son armée parce que le "son est beau" ? Ou était-il un empereur à la main de fer qui maintient la discipline dans ses rangs, punissant les indisciplinés ? Néron était-il cet empereur fou qui chantait "La chute de Troie" devant les flammes ravageant Rome ? Où était-il un empereur soumis à la pression des complots et des assassinats de son entourage ? Comment démêler le vrai du faux sans se fourvoyer... vaste chantier.
Lysiah aurait probablement vogué en eaux troubles saisissant les opportunités pour survivre, saisissant les occasions pour vivre. La débauche de cette époque n'est peut-être pas si différente de la débauche de "notre" époque. L'hypothétique Lysiah de la Rome antique n'est peut-être pas si différente de la Lysiah actuelle. L'ère du numérique n'est-elle pas une débauche de luxe et de gadgets ? L'essence de la nature humaine réside dans ses excès. Les pires comme les meilleurs. Les merveilles sont les excès luxueux des fous. Pourtant on les admire. L'abîme dans lequel on plonge avec horreur est le même abîme que l'on observe avec fascination.
L'Homme est fasciné par ses propres excès. Lysiah est fascinée par ces propres forces et faiblesses qui signeront sa fin un jour ou l'autre, et ce dans n'importe quel univers.


Néron avait peut-être compris une chose que Lysiah ne peut pas et ne veut pas comprendre : on survit toujours au détriment d'un autre, qu'on le veuille ou non.


Une bible sur Néron... de quoi cogiter pendant des heures et des heures. Un enseignement de vie, de lutte de pouvoir, et d'ambition ! Une époque sombre et mystérieuse qui nous fait plonger dans un univers de velours et de venin...

vendredi 11 juin 2010

Lueur d'espoir - Episode 4

Un peu fatiguée après une nuit aussi courte, mon attention se relâche alors que mes pensées divaguent sur toutes les possibilités inimaginables. J’imagine que l’ennemi se fait passer pour des gens de la population locale afin de s’infiltrer à tous les niveaux. Si Macrélois tient tant que ça à reprendre le contrôle de la France et de ses frontières, c’est ce qu’il aurait de mieux à faire. Il pourrait répandre des rumeurs, camoufler les bévues et inventer des faits qui pousseraient les gens à se rallier à lui sans résister. Et d’après ce que j’avais pu apercevoir, la bonne parole serait bientôt prêchée par des âmes innocentes et juvéniles. Si seulement…
Ruminant ces idées pas très gaies, je pose mon menton sur la paume de mes mains et lâche un soupir. La petite pierre, sagement disposée à coté de ma mitraillette, n’attendait que de se faire pousser d’un centimètre pour se faire gentiment la malle, dégringoler les deux étages en un bruit assourdissant et rouler de l’autre coté de la rue pour s’arrêter au pied d’une des femmes. J’en aurais rigolé si je ne savais ce que ça signifie. Déjà ça s’agite en bas, l’aîné criant une série d’ordre à chacun des membres du groupe.
Et c'est reparti. Décidément ce n'est pas mon jour... ou plutôt ma nuit. Comme la fois précédente je gagne le toit de l'immeuble. Plus tôt, j'avais repéré que je pouvais rejoindre un second immeuble par le toit en cas de pépin, et m'enfuir par là. Je jette tout de même un regard sur le détecteur de chaleur, j'ai l'impression qu'ils sont tous entrés dans le hall. Cela me facilitera les choses. Je traverse à nouveau les gravas dans l’autre sens et me hisse le long d’une échelle de secours rouillée qui tient encore par je ne sais quel miracle. Sur les décombres du toit j’escalade les murs à moitié effondrés pour atteindre une partie encore maintenue par des poutres en ferraille. Essoufflée, je reprends ma respiration. La nuit est encore bien noire, mais je sens de l’agitation un peu plus bas dans les ruines. Sans prendre le temps de regarder le détecteur de chaleur pour savoir exactement où sont situés les membres du groupe, je saute sur le toit voisin.
La cavalcade reprend. Je dois mettre le plus de distance possible entre eux et moi. Je traverse le toit en courant et en pestant contre ma connerie. Quelle idée j’ai eu ! La prochaine fois, c'est promis, je serais moins curieuse. Je saute d’étage en étage amortissant ma chute du mieux possible. Je traverse le hall pour gagner la rue. Coup d’œil à droite. Personne. Coup d’œil à gauche. Personne. Je me remets à courir. Moi qui n'aimais pas l'endurance, c'est devenu un de mes passe-temps les plus courants.
Après dix minutes de course intense je ralentis un peu le rythme. Mes poursuivants doivent sûrement avoir abandonné. Je relâche ma vigilance et reprends mon souffle. Même si j’en ai l’habitude, c’est toujours éprouvant. Après avoir réussi à calmer les battements de mon cœur je tends l’oreille. Je n’entends plus rien à par la torpeur d’une ville en ruine. Je n’ai plus rien à craindre. Ils ont sûrement rebroussé chemin, voyant que je ne cherchais pas à les affronter. Je range enfin correctement mon sac et le boucle solidement. La mitraillette pend en bandoulière sur mon flanc droit. Je balance mon barda sur l’épaule et me remet en route le cœur plus léger. Finalement cette petite mésaventure se finit bien.
Enfin c’est ce que je croyais…
Alors que j’arrive à un croisement quelqu’un que je n’ai pas entendu arriver se jette sur moi. Avant même de comprendre quoi que ce soit je roule à terre et me rétabli sur mes pieds prête à partir. Mais l'individu, toujours au sol, m'attrape les jambes et me fait tomber. Je mors une seconde fois la poussière. Un coup de poing m'assomme à moitié. Mon sac et la mitraillette m’encombrant je m’en débarrasse pour parer un second coup de poing. Alors que l’homme arme à nouveau son poing je me dégage de son emprise et me relève promptement. Je lui lance un coup de pied dans les cotes qui lui coupe le souffle. Je ne ferais pas le poids face à lui. Il ne me reste qu’une seule solution. La fuite. Comme d’habitude. Dans la foulée j'attrape mon sac et en sors le détecteur pour m'assurer une issue. Après une centaine de mètres parcourus à toute allure, je m’aperçois que mon agresseur me poursuit. Et le pire c’est qu’il regagne du terrain. Il est coriace celui-là. Je ne sais toujours pas comment je vais me sortir de ce pétrin. Il n’y a pas d’autre chemin que cette ruelle étroite qui débouche dans cinq cent mètres sur un carrefour. Ce qui devait arriver arriva. Quelques mètres avant le carrefour l’homme m’attrape le bras et me projette contre le mur en m’attrapant à la gorge. Il me dépasse d’une bonne tête, et sa veste en cuir craque lorsqu’il me soulève du sol. Pour la première fois je croise son regard. Ses yeux noisette ne transpire ni cruauté, ni violence. Juste de la colère et un peu d’anxiété. Je lâche la sangle de mon sac pour attraper son poignet et soulager la pression de sa poigne sur ma gorge. Mes pieds sont à quelques centimètres du sol et je commence à manquer d’air. Je suis fichue.

- Qu’est-ce que tu nous veux ?! Pourquoi tu nous surveillais ? Tu es à la solde de qui ?

Il a le souffle court et rauque. Le coup que je lui ai donné dans les cotes continue de l’indisposer. Je tente de répondre mais ses doigts serrent de plus en plus ma gorge. Il donne un coup de poing dans le mur à quelques centimètres de mon visage.

- Répond !

Même si j’en ai envie je ne peux pas. Mes yeux quittent son regard pour balayer les environs. Quelque chose dans le paysage attire mon regard. Cette fois pas de doute c’est bien une patrouille du PPNG qui s’approche de nous. Paniquée je fais signe à l’homme qui me tient fermement de regarder derrière lui. Intrigué il jette un regard par-dessus son épaule. Son étreinte se ressert encore. Il se retourne lentement vers moi.

- Tu es avec eux ? murmure-t-il.

Je fais signe de la tête que non. Il regarde alors mes armes fixées à mes cuisses par des sangles. Ses yeux se plantent à nouveau dans les miens.

- Lorsqu’ils seront à vingt mètres tu prends les cinq qui sont à gauche et moi les cinq autres à droite. Compris ?!

Je fais signe de la tête que j’ai compris. Il me repose doucement au sol et relâche enfin ses doigts autour de mon cou. J’avale une bouffée d’air de travers manquant de m’étouffer. L’homme me fait les gros yeux.

- On aimerait bien en profiter aussi ! D’où tu la sors cette chienne ?! déclare l'un des soldats.
- A combien de mètres sont-ils ? murmure à nouveau l’homme.

Je me décale un peu pour apercevoir les dix hommes armés jusqu’aux dents qui se rapprochent de nous.

- Trente mètres.
- Tu es bonne tireuse ?
- Je me débrouille.
- Alors maintenant !

Tout en me jetant sur la droite je dégaine mes deux revolvers et tire sur les cinq hommes à droite. Toutes mes balles font mouche. Et avant même que l’un d’eux ne réagissent les dix hommes se retrouvent à terre. Trois d’entre eux font mine de bouger, je vise à nouveau et tire trois fois. Trois tirs parfaits qui achèvent les victimes. L’homme regarde les corps étendus trente mètres plus loin. puis lève un sourcil dans ma direction. La colère a disparu de ses yeux. Il me tend la main pour m’aider à me relever. Nous allons peut-être pouvoir repartir sur de bonnes bases. Si tant est qu’on puisse trouver la mort de dix hommes être une bonne base.

Voici donc le retour de Xalyah !
Il est de ces rencontres qui peuvent changer le cours des choses. C'est ce que l'on attend tous. Ces petits quelques choses qui font que notre vie prend un autre tournant, une autre dimension.

mercredi 26 mai 2010

A monde exotique, une vie héroïque !

Et si Lysiah était une héroïne ?
Et si Lysiah était quelqu'un d'important ?
Et si Lysiah avait des super pouvoirs de la mort ?
Et si Lysiah avait une tâche à accomplir de la plus haute importance ?


Et si Lysiah ... ?


Non. Lysiah n'est pas une héroïne. Pas plus que madame tout le monde.
Non. Lysiah n'est pas importante. Pas plus qu'un grain de sable dans l'immense sablier qu'est le temps.
Non. Lysiah n'a pas de super pouvoirs de la mort. Juste le pouvoir d'être là.
Non. Lysiah n'a pas de tâche suprême à accomplir. Juste la tâche de survivre.


Alors quoi ?


Dans le monde réel, certes il n'y a pas d'héroïne, il n'y a pas de personne importante, il n'y a pas de super pouvoirs, il n'y a pas de tâche à accomplir.
Mais dans l'autre monde... dans l'autre monde tout est permis.


A l'heure actuelle Lysiah est l'héroïne du quotidien qui vaincra le lessivage à coups de superbes éponges magiques, qui vaincra la peinture à coups de pinceaux enchantés, qui vaincra le boulot à coups de vitamines surpuissantes, qui vaincra les cours à coups d'énergie débordante, qui vaincra les projets personnels à coups de force herculéenne, qui vaincra la foule en délire des transports en communs à coups de coude vigoureux.


Quel monde exotique ! Quelle vie parallèle héroïque !

dimanche 16 mai 2010

A deux...



Alors qu’il contemplait le charnier que les ombres du crépuscule envahissaient, une silhouette se détacha de cette masse de chair et de sang. Une silhouette féline et svelte dont la démarche souple et lente trahissait une grande fatigue.
Une certitude lui perça le cœur et l’âme avec la même évidence que le vent caressait la maigre végétation alentour. Il ne serait plus jamais seul. Ils ne seraient plus seuls.
A mesure qu’elle gravissait la colline, il distinguait plus nettement ces traits. Aussi couverte de sang que lui, la femme ne devait pas avoir plus de vingt-cinq ans. Alors qu’elle arrivait au sommet il lui tendit une main gantée pour l’aider à monter sur la pierre plate.
Pas un mot ne fut échangé. Pas un regard ne fut accordé. Seul le silence de la mort les enveloppait dans un linceul qui finirait par les étouffer tôt ou tard.
Ils le savaient.
Aucune issue ne s’offrait devant eux. Aucun retour en arrière ne leur serait proposé. Seuls ils porteraient le poids des années d’ingérence de la noblesse. Seuls ils porteraient la déchéance du Grand Oracle. Seuls ils avaient la tâche d’inverser le cours des choses.
Les ténèbres tombèrent enfin sur la plaine. L’Ennemi se repliait pour reprendre des forces et préparer la prochaine bataille. Il se délectait à l’avance de la Terreur et de la Violence qu’Il déchainerait à travers tout le Royaume. Il avait attendu tellement longtemps et voici que la brèche avait été ouverte par un vieux fou.
Ils savaient que c’était sans espoir. Ils savaient que c’était un affrontement perdu d’avance. Mais ils n’avaient pas le choix. La dernière tâche qu’ils devaient accomplir avant de quitter ce monde était de le préserver du Chaos.

L’homme qui se tenait à ses cotés se détourna de la plaine pour regarder en direction du Nord. Dans la pénombre elle vit ses cheveux voler au vent pour dégager une expression aussi dure que le fer extrait des Mines du Sud-Ouest.
Une certitude lui perça le cœur et l’âme avec la même évidence que l’odeur de la mort leur nouait les entrailles. Elle ne serait plus jamais seule. Ils ne seraient plus jamais seuls.
Tandis qu’il descendait la colline en direction du Nord, elle observa sa démarche à grandes enjambées. Bien bâti, il n’en était sûrement pas à sa première campagne malgré son jeune âge. Elle lui emboita le pas, partageant la même détermination sanglante.
Pas un mot ne fut échangé. Pas un regard ne fut accordé. Seul le bruit de leur pas sur la terre meuble les accompagnait dans la nuit noire.
Ils le savaient.
Aucun répit ne leur serait accordé. Aucune erreur n’était envisageable. Seuls ils affronteraient tous les dangers. Seuls ils trouveraient des solutions à des situations inextricables. Seuls ils avaient la tâche de survivre et de réussir dans l’Enfer qui les attendait.
Un silence à couper au couteau régnait à l’orée de la forêt qu’ils allaient traverser. L’Ennemi, dans sa retraite, avait laissé sa marque indélébile. Il répandait déjà les prémices des atrocités à venir, et cette rumeur prenait des allures de mise en garde machiavélique. Il allumait les premiers feux de la Terreur qu’Il alimenterait rapidement avec la Violence.
Ils savaient ce qui les attendait. Ils savaient qu’il n’y aurait que des perdants à la toute fin. La dernière tâche qu’ils devaient accomplir avant de quitter ce monde était d’assurer l’Avenir.
Les jours et les semaines avaient passés. Ils avaient écumés toute la Forêt des Plaines, qui servait d’avant poste à l’Ennemi. A deux ils avaient pu passer aisément à travers les mailles du filet. Un avantage mince, mais suffisant avec la configuration des lieux. La Forêt des Plaines était réputée pour être l’une des plus denses du Royaume. L’Ennemi s’en était servi pour poster un bataillon de ses premières troupes.

De petite corpulence et encore novice dans l’art de la guerre, les créatures du Démon poussèrent leur avantage du nombre à l’échec. Trop orgueilleuse, elles affichèrent une assurance sans fondement. Bien mal leur en fît, car en près de deux semaines, ils les avaient tous éradiqués. Le 11ième Bataillon des Plètres n’était plus.

Non content de leur première réussite, ils poussèrent leur investigation plus au Nord, longeant le Grand Canyon Solte qui semblait tracer la limite entre le sud et le nord du Royaume. Une limite entre des températures encore douces, et des températures de plus en plus glaciales. En chemin ils croisèrent quatre divisions espacées de plusieurs jours de marche. Les affrontements furent nettement plus courts, et nettement plus violents.

Alors que la fin de la bataille contre la quatrième division se profilait, elle reçut un coup de dague entre les cotes. Le poumon fut évité de peu et la lame ripa sur l’os. Malgré la douleur et le voile rouge qui s’abattit sur ses yeux, elle poursuivit la lutte à ses cotés. Elle était là pour ça, et il était encore trop tôt pour partir. De son coté, il assurait ses arrières avec plus d’attention. Quand le dernier ennemi tomba sous les coups, elle s’écroula au sol. Il la porta sur son épaule le restant de la journée, et quand arriva la nuit parmi les ténèbres omniprésente, il s’autorisa une halte pour allumer un feu. Il soigna sa blessure et la jeune femme se lova dans ses bras à la chaleur des flammes qui léchaient le bois dans un doux crépitement.

Les batailles s’enchainèrent plus que de raison. Plus d’une fois il lui sauva la mise. Plus d’une fois elle lui sauva la mise. Ils n’étaient plus seuls et la confiance qu’ils plaçaient en l’autre n’avait d’égal que la confiance qu’ils s’accordaient à eux-mêmes. Ils parlaient peu. Ils se regardaient peu. Pourtant une étrange relation les liait intimement l’un à l’autre. Sans l’un ils n’étaient rien. Sans l’autre ils n’étaient rien.

A eux deux ils avaient éliminé les trois quart des troupes de l’Ennemi. Ils leur avaient fallut presque un an pour y arriver, mais pour l’instant ils n’avaient pas échoué. Ils continuaient d’avancer toujours plus au Nord, même après avoir franchit les frontières du Royaume ils continuèrent d’avancer. Les frontières n’avaient plus de sens à leurs yeux. Seul comptait l’Avenir, et l’Avenir n’avait pas de frontières.

Alors qu’ils affrontaient le dernier Bataillon des Velines, autrement appelé la Première Garde Velines, l’élite de l’Ennemi, il cru venir son dernier moment. Une flèche en argent empoisonnée se ficha dans sa cuisse droite manquant de le faire tomber à la renverse. Son adversaire le plus proche en profita pour fondre sur lui dague en avant pour trancher sa carotide. Il l’évita de justesse et la dague se planta profondément dans son épaule. Un autre adversaire se cramponna sur son dos et lui enfonça son épée courte dans le flanc. C’est à ce moment qu’elle intervint, virevoltant dans les airs comme une panthère des neiges pour mettre fin aux petits jeux des Velines. Elle les exécuta sans autre forme de procès. C’était à son tour de le protéger.
A l’aube de la dernière bataille contre l’Ennemi ils se tenaient cote à cote devant le Château d’Erolrick. Le dernier rempart avant la fin. Ils savaient qu’il n’y aurait pas de fin heureuse. Mais pouvaient-ils être plus heureux qu’aujourd’hui ? Pouvaient-ils être plus heureux sachant qu’ils avaient réussit leur dernière tâche avant de partir ?

Leurs mains se joignirent en une fugace étreinte. Un dernier instant à eux avant de se jeter dans la gueule du loup.

La lutte fut terrible. Du sang jonchait le sol de pierre froide. Ils ne savaient pas si c’était le leur ou le sien. Leurs regards croisèrent celui du Démon. Ses yeux jaunes se voilaient de rouge et sa respiration était rauque, gênée par les flots de sang qui sortaient de sa gueule. Ils n’eurent pas besoin de parler pour se comprendre. Ce petit jeu avait suffisamment duré, il était temps d’en finir. Dans un même mouvement ils se jetèrent dessus. Les lames s’entrechoquèrent et déchirèrent la chair et les os.

Il rampa jusqu’à elle. Elle respirait encore et ouvrit les yeux en l’entendant s’approcher. Il lui prit la main et l’attira vers lui.

Ils ne seraient plus jamais seuls. C’en était fini.

"La vengeance est un plat aux saveurs multiples qui ne se consomme que dans un avenir incertain."

samedi 1 mai 2010

Ce soir...


Ce soir il faisait sombre. La pénombre avait à nouveau recouvert le Royaume comme une chape de plomb. La voie lactée était redevenue une illusion et un nouveau cycle sans lune recommençait. Ce soir, les nuages opaques nous étouffaient à nouveau dans les voiles du désespoir. Le répit avait été de courte durée, mais l'ennemi n'avait pas gagné ce champ de bataille.
Il se releva, exténué par la journée sanglante à laquelle il avait pris part.
Aujourd'hui il avait survécu. Et de ce qu'il pouvait en voir, il était le dernier survivant. Il n'y avait plus âme qui vive autour de lui. Il maudit le Grand Oracle de ne pas l'avoir emporté avec sa folie. Même si tous espérait un miracle, lui n'en attendait aucun. La fin était tout ce qu'il n'avait jamais espéré.
Il épousseta sa lame et l'essuya sur la cape d'un cadavre. Ses vêtements avaient pris une teinte rougeâtre et ses pas résonnaient curieusement sur le sang des morts. Il remit son masque en place et soupira. La vengeance n'amenait jamais rien de bon.
Aucune trompette ne résonna. Aucune défaite n'était célébrée. Aucune victoire n'était célébrée. Seuls les croassements des charognards accompagnaient la fin de ce sanglant affrontement. Triste jour pour le Royaume et l'Ennemi.
Il parcourut le charnier indescriptible pour gagner une colline en surplomb. Cette débauche de fureur n'avait servi à rien. Ce dernier champ de bataille n'en avait pas été un. Il avait seulement annoncé les prémices d'une nouvelle ère à venir. Une ère qui n'aurait aucune pitié pour les âmes innocentes. Les armes, la boue et le sang. C'est tout ce que nous connaîtront à partir de cet instant.
Ils étaient ceux à qui on avait tout pris.
Ils étaient la souffrance, la colère, la rage et la haine.
Ils étaient les cadavres de notre conscience.
Ce soir, il était celui qui avait survécu à cette journée sans nom.


"La vengeance est un plat qui laisse un goût amer dans la bouche."

samedi 3 avril 2010

Ce matin...


Ce matin, il faisait beau. Un beau ciel bleu comme on en avait pas vu depuis quelques temps. Les rayons du soleil caressaient doucement la ville encore engourdie par une longue nuit sans lune. Ce matin les ténèbres avaient cessé de nous étouffer. Était-ce un bon présage ? Peut-être, mais peut-être pas. L'ennemi était trop proche de la victoire pour abandonner maintenant.

Elle s'écarta de la fenêtre pour aller se préparer.
Aujourd'hui c'était le grand jour. Et peut-être même le dernier pour elle, et tous les autres. Ils avaient été choisi pour leur détermination et leur soif de vengeance. Ils étaient le dernier espoir du peuple, la dernière folie du Grand Oracle avant la fin. Nul ne croyait en leur victoire, pas même eux. Et pourtant, secrètement, tout le monde espérait qu'un miracle se produise.
Elle enfila sa tunique et ses hauts de chausse. Les sangles furent ajustées et bien serrées. Elle attacha les lanières qui retenaient sa protection au niveau de la poitrine. Le masque plus décoratif qu'autre chose vint s'ajuster sur son visage. Elle était fin prête, et n'attendait que son heure.
Les trompettes résonnèrent à travers toute la cité. Elle s'étira une dernière fois avant de s'emparer de son épée. C'était une bonne lame, qu'elle avait faite forger par le meilleur forgeron du comté pour accomplir sa vengeance. Et il était temps qu'elle s'affranchisse de son devoir.
Elle sortit de la petite chambre et rejoignit le reste des troupes qui convergeaient vers la cour centrale. Un dernier discours qui ne servait pas à grand chose à part donner un peu de contenance au Grand Oracle. Tous savaient que leur chance de réussite était mince. Pourtant personne ne ferait demi-tour, ils iraient jusqu'au bout.
Ils étaient ceux à qui on avait tout pris.
Ils étaient la souffrance, la colère, la rage et la haine.
Ils étaient la soif du sang de l'ennemi.
Ce matin, elle était celle qu'il fallait redouter sur ce dernier champ de bataille.


"La vengeance est un plat qui se mange froid."

samedi 20 mars 2010

Lueur d'espoir - Episode 3


Le sentier de terre s'est changé en route de béton parsemée de gravas, les arbres en ruines, et le chant des oiseaux en silence de mort. J'essaie de faire attention où je pose les pieds pour ne pas faire trop de bruit. « En terrain inconnu on est jamais trop prudent... », mon père me le répétait souvent. Aujourd'hui c’est malheureusement plus que vrai.
Je sors le détecteur de chaleur de ma sacoche et l'active. J'ai eu ce petit bijou par l'intermédiaire d'un groupe armé avec qui je suis restée près de deux semaines. J'ai tout de même dû débourser trois cents euros pour qu'ils veuillent bien me le céder. Il permet de détecter toute forme de chaleur à dix kilomètres à la ronde et si possible d'en identifier la source. J'ai pu aussi acquérir un logiciel qui permet à cet engin de m'indiquer si la source de chaleur représente un danger potentiel. Un point rouge lumineux représentant une présence humaine se met alors à clignoter si cette personne est armée. Pour l'instant il n'y a que des points gris, qui indiquent la présence d'insectes, d'oiseaux et de rongeurs d'un certain gabarit. Pas de quoi s'affoler. Il n'y a pas une âme humaine à l'horizon. Je vais enfin pouvoir dormir et reprendre des forces, je ne l'aurais pas volé ce repos !
En passant à coté d'une laverie je récupère des vieux draps moisis par le temps. Les rues sont belles et bien désertes. Je déambule entre les ruines d'immeubles et de grande maison. Mon choix finit par se porter sur une grande maison familiale à l'architecture ancienne. Ce devait être une maison de trois ou quatre étages à l'origine, mais il ne reste plus que les vestiges du premier étage encombré par l'effondrement des étages supérieur. Au rez-de-chaussée, la partie arrière où devait probablement se trouver la cuisine et la salle de réception est effondrée. Seul le salon est encore à l'abri du vent et de la pluie. Je tire le vieux fauteuil en cuir à moitié éventré qui traine dans un coin de la pièce devant l'imposante cheminée. Les draps me serviront à allumer un feu qui me réchauffera l'espace d'une heure ou deux. C'est peu, mais ce sera suffisant pour cette nuit.
Avant de m'endormir j'hésite à laisser le détecteur allumé. Finalement je préfère miser sur la chance et économiser ainsi le peu de piles qu'il me reste. Enroulée dans mon manteau je laisse mon esprit vagabonder où bon lui semble. La journée a été dure mais j'ai connu pire. Le bruit des flammes me berce et peu à peu je sombre dans le pays des rêves, où tout est permis, même d'espérer un meilleur futur.

Je me réveille en sursaut, tous les sens en alerte. L'aube est encore loin devant moi mais il y a quelque chose dans l'air qui ne me plait pas. Sans attendre j'empoigne mon sac, mets ma mitraillette en bandoulière et quitte les lieux rapidement, le détecteur de chaleur à la main. C'est bien ce que je pensais. Une douzaine d'hommes patrouillent dans le secteur. Je ne sais pas d'où ils sortent, mais dans le doute je préfère me tenir à distance et rester dans l'ombre, d'autant plus que les points rouge viennent de se mettre à clignoter à tout va. Il faut toujours un laps de temps avant que le détecteur de chaleur n'enregistre toutes les données.
Pendant plus d'une heure ils ont circulé dans les rues de la ville, j'ai comme l'impression qu'ils vérifient les lieux ou qu'ils recherchent quelque chose... ou bien quelqu'un. Tout ce temps je suis restée dans un placard à jouets en espérant qu'ils n'aient pas, comme moi, un détecteur de chaleur. Apparemment ce n'est pas le cas car à présent ils sont tous réunis au même endroit et ne semblent plus avoir l'intention de bouger.
Pour la deuxième fois de la nuit j'hésite. Est-ce que je vais voir de plus près ? Ou bien je passe mon chemin le plus vite possible ? La curiosité l'emporte sur la prudence. Ce n'est pas raisonnable, je sais, mais tant pis, je vais quand même aller jeter un coup d'œil sur ce groupe. Grâce à mon mémo et au plan de la ville qu'il possède, je repère la disposition des lieux. La carte m'indique qu'une ancienne banque surplombe l'endroit où ils sont. C'est donc par là que je vais passer. Prenant garde de ne pas faire de bruit et de tenir mes distances je passe par l'arrière du bâtiment. Je traverse les salles une à une sur la pointe des pieds. Il reste des machines à moitié cassées sous les décombres. Le plafond et les murs ne semblent être retenus par rien et n'attendre qu'une chose : me tomber dessus. Tout est sale, vide, et noir. L'abandon des lieux donne à cette banque un air sinistre. Des graffitis recouvrent les parois de la cage d'escalier. On peut y lire toutes sortes d'insultes grossières, de revendications politiques, de noms, de dates. C'est la représentation exacte du pays. Des morceaux d'idées, d'envies, d'actes, mais rien de cohérent, juste une impression de désordre.
Au deuxième étage je passe par dessus les gravas pour gagner les fenêtres ouest qui donnent sur la rue. De là je devrais pouvoir apercevoir le camp du groupe qui a sillonné toute la ville. Je m'allonge sur le sol et sors mes jumelles. Ils sont quinze. Parmi eux, deux femmes qui doivent approcher la trentaine d'années. Les hommes, quant à eux sont de tout âge, le plus jeune semble avoir une quinzaine d'année, et le plus vieux, lui, frise la cinquantaine. J'essaie de repérer un sigle ou un insigne particulier qui me permettrait de les reconnaître mais je ne vois rien. Tout ce que je peux constater c'est que le plus vieux est le chef du groupe, du moins il doit sûrement en prendre le commandement dans les situations difficiles, car sinon la discipline n'a pas l'air d'être leur règle en or. Ils sont tous là en train de plaisanter, ou de se chamailler. J'en déduis donc qu'ils ne font pas partis du PPNG. Non, eux sont trop à cheval sur les principes, la discipline et l'ordre, et surtout, je n'ai encore jamais vu de femme dans leur rang. Ils les asservissent comme de vulgaires esclaves, prêtent à être engrossées ou à faire toutes les tâches répugnantes qui ne sont pas dignes des hommes. Ils ne doivent pas non plus dépendre de l'OPPI, car je n'ai pas vu le sigle du baril de pétrole et de sabre à leur ceinture qui les caractérise. Et comme cette région est aux mains de ces deux seuls partis, qui peuvent-ils bien être armés de la sorte ?

Lexique :
PPNG : Parti Politique de la Nouvelle Génération

OPPI : Organisation Politique Pétrolière Internationale


Voici la suite des aventures de Xalyah, celles de Lysiah n'étant pas très intéressante ces derniers temps. Tout ce que je peux dire c'est qu'un game concept se profil doucement sur ce scénario.

samedi 13 mars 2010

Un petit rien

Un petit speed histoire de... parce que j'ai pas grand chose à dire. Je le retravaillerai sûrement plus tard, il faut bien commencer quelque part.

vendredi 19 février 2010

Lueur d'espoir - Episode 2

--------- Phase 1 : un dessin


--------- Phase 2 : refaire la line sur toshop

--------- Phase 3 : choisir les couleurs

--------- Phase 4 : faire les volumes, les ombres et les lumières

--------- Phase 5 : peaufiner la couleur


Le vieil homme m'avait dit que leur destination immédiate était Nantes, et que de là-bas ils comptaient quitter le pays pour gagner un lieu plus sûr. Le pauvre homme n'eut pas le temps de me dire quel était ce lieu - bien que j'ai ma petite idée sur la question, la balle qu'il avait reçue en pleine poitrine avait achevé son travail. Comme pour les autres je lui ai creusé une tombe, puis dans un bloc de béton qui traînait à coté j'ai gravé un signe composé de quatre cercles imbriqués les uns dans les autres. Lui aussi je le vengerai, comme tant d'autres... trop à mon goût.

Le soleil s'est couché depuis une heure et d'après la carte de mon mémo, la prochaine ville est à dix kilomètres droit devant moi. Je remonte le col de mon manteau et sors des mitaines de mon sac. L'hiver approche et je ne sais toujours pas comment je vais pouvoir recharger mes réserves de nourritures et de munitions. Avec ce qu'il me reste j'en ai encore pour une semaine tout au plus.
Du bruit me fait sursauter. Je mets mes lunettes à vision nocturne... rien. C'est derrière moi maintenant. Je tourne la tête brusquement et jette un couteau en direction du bruit. Un raton laveur sort à toute vitesse des fourrés en couinant. Je crois que j'ai eu aussi peur que lui.
En rangeant mon couteau dans ma botte je marmonne quelques obscénités à l'encontre de l'animal qui est déjà bien loin du danger. Finalement, je me remets en route le cœur plus léger, me trouvant un peu idiote de parler toute seule dans l'obscurité de la nuit. Du champ abandonné où je suis je peux enfin apercevoir les vestiges de la ville. De grandes carcasses de bétons et de métal dressées vers les cieux et criant la misère de leur histoire.



Le pays n'est plus ce qu'il était, ou plutôt dois-je dire le monde. Car d'après les dernières informations que j'ai reçues de l'extérieur, la planète bleue est un beau chaos. Il y a deux ans, une troisième guerre mondiale éclata. L'origine vient - officiellement - des tensions qui montaient ces derniers temps entre les États-Unis et l'Europe. Officieusement c'est différent, et tout le monde le sait. Les enjeux politiques se sont tellement complexifiés que même les îles perdues en plein océan Pacifique ont été mêlé à ce conflit. Au lieu d'une guerre bien rangée entre deux camps distincts, la Terre a connu un beau bordel. Les État Majors n'ont rien contrôlé, les bombes nucléaires ont tout ravagé la fameuse nuit de la Folie, et les guérillas ont commencé. Chacun pour sa pomme, que le meilleur gagne. Bref, aujourd'hui c'est la loi du plus fort qui règne partout... ou presque. On dit que l'Australie est le seul pays qui survit à cette guerre. Le ciel est protégé par toute une élite d'avion de chasse, de jour comme de nuit. La mer, quand à elle, est quadrillée par une flotte qui n'a jamais connu d'équivalent jusqu'à aujourd'hui. Ce pays est devenu l'objectif de toute une espèce : les Hommes.
Le Président disait les français invincibles comme les irrésistibles gaulois - encore une de ses tirades ridicules qui n'ont cessé de ponctuer son mandat depuis le début. Cette fois il s'est fourré le doigt bien profond dans l'œil, jusqu'au coude même. De toute manière il n'est plus de ce monde pour contempler son erreur.


Chose promise, chose faite. Voici la suite directe des aventures de Xalyah, avec en prime une illustration en 5 phases. Faut bien s'occuper avec un genou qui part en cacahuète, alors autant s'occuper de manière utile. La série de crasse ne s'étant pas décidé à s'arrêter, se replonger dans ce récit me permet de relativiser, parce qu'elle, elle en bave vraiment. Et quand je dis "vraiment", c'est "vraiment, vraiment".

samedi 13 février 2010

Tor Effea’al - Valya

Valya :

Race : Varine
Âge : 17 ans
Taille : 1m46
Poids : 40kg

Ascendance : Fille de Malya, chef des armées des Varins et frère du Roi Avalim.
Caractère : Indépendante, pleine d’enthousiasme, courageuse.
Particularité : Maladroite.
Son rêve : Explorer tout Tor Effea’al.

Background :
Issue de la famille royale, Valya n’a jamais été dans le besoin. Comme la coutume l’exige, dès l’âge de 5 ans elle est initiée au maniement des armes, aux lettres et à l’apprentissage du don des Varins (passer à travers toutes les surfaces).
Intelligente mais terriblement maladroite, elle est rapidement écartée de la cours pour vivre chez une cousine éloignée de la Reine. Elle reste cependant très proche de son cousin Leovyl, prince héritier du Roi, qui a beaucoup d’affection pour elle et complète son apprentissage royal en secret. L’assassinat de ce dernier cause un immense chagrin à Valya, qui en cherchant à comprendre ce qu’il s’est passé, va surprendre une conversation entre le Premier Conseiller du Roi et un autre cousin de Leovyl.


Un petit aperçu d'un projet scolaire que j'affectionne tout particulièrement et un grand merci à Kalumis grâce à qui j'ai pu faire quelques progrès en dessin et colorisation ces derniers temps.
On s'occupe comme on peut avec une jambe immobilisée :/

mercredi 6 janvier 2010

Rencontre avec la Mort


Il y a quelques jours j’avais un rendez-vous très spécial. Rien que d’y repenser…


C’était un après-midi glacial d’hiver. Le ciel était dégagé et l’air sec semblait vouloir geler mes poumons. Cette rage qui montait en moi depuis quelque temps et menaçait d’imploser trouvait pour la première fois un écho. J’avais la sensation d’être suivi, comme si j’allais avoir l’occasion de déverser ce que je retenais en moi. Cette sensation me procurait à la fois de l’impatience et en même temps de l’inquiétude. Je traversais la voie en courant, sautant sur le trottoir d’en face entre deux passants. L’un deux maugréa en s’écartant vivement.


Il y avait de la vie autour de moi, pourtant le temps semblait avancer au ralenti. Je me voyais en train de tourner dans une petite rue piétonne pavée et jalonnée de commerces en tout genre. Les gens continuaient leur petit bonhomme de chemin tandis que je m’arrêtais. Un nuage blanc se forma à la sortie de ma bouche et se figea dans les airs. Je sentis mon corps tomber à la renverse mais pas de choc. Je me retournais stupéfaite. Mon corps était bien là allongé sur le sol, mais ma conscience était dans un autre corps. Je portais mes autres mains devant mes yeux. Elles étaient pâles mais elles ressemblaient bien aux miennes. Je baissais les yeux sur mon ventre, mes jambes et mes pieds. Je portais un accoutrement étrange fait de cuir noir et de lin rouge écru. Les hauts de chausses étaient retenus par des lacets, et l’étoffe accrochée à ma taille touchait pratiquement le sol. J’avais juste le strict minimum pour cacher ma nudité et pourtant je n’avais pas froid. Soudain une douleur aiguë aux omoplates me fit sursauter. Presque aussitôt des ailes d’une blancheur cadavérique se déployèrent dans mon dos.


C’est à ce moment-là qu’une ombre aussi noire que l’ébène tournoya au-dessus de ma tête pour s’arrêter quelques mètres plus loin dans la rue. Une silhouette grande d’environ deux mètres se matérialisa dans un grand manteau noir, la capuche rabattue sur le visage. Une faux apparu dans ses mains décharnées, entourée d’une noirceur vaporeuse.


- Je crois que tes vœux ont été exaucés, n’est-ce pas ?
La voix semblait sortir de nulle part. Elle était devant et derrière, autour et à l’intérieur de moi. Je frissonnai.
- Je ne comprends pas, répondis-je en essayant de ne pas trembler.
La silhouette s’arqua en un rire démoniaque assourdissant.
- Il n’y a rien à comprendre. Pour une fois que quelqu’un souhaite ardemment se retrouver en face de moi, je ne vais pas me faire prier.


Sur ces paroles, Elle fonça droit sur moi, la faux levée au-dessus de sa tête. Dans un réflexe de survie je me jetais sur le coté et l’évitai de justesse. A demi accroupie, en l’attente d’une autre attaque, un bâton sorti de je-ne-sais-où atterrit dans mes mains. Je me sentais emplie d’une force que je ne connaissais pas, et prête à riposter s’il le fallait. Je n’attendis pas longtemps pour avoir ma première occasion. La Grande Faucheuse attaqua de nouveau de front en misant tout sur la vitesse et la force de son coup. Je l’évitai agilement et abattais le bâton sur son épaule. Elle tituba quelques secondes déstabilisée par ma contre-attaque.


- Tu crois pouvoir faire le poids.
Ce n’était pas une question. La Grande Faucheuse était énervée et ça sentait mauvais pour moi. Les coups venaient de toute part et je ne réussis pas à tous les éviter. Je me servais de mes ailes nouvellement acquises pour prendre de la hauteur et reprendre mes esprits. Alors comme ça Elle pensait m’avoir aujourd’hui. Elle attaqua de nouveau et réussit à me prendre à la gorge.


- N’avais-tu pas souhaité cette rencontre ?
Cette voix si terrifiante n’avait plus aucun effet sur moi. Je marmonnais vaguement quelque chose et assenait un violent coup de genou à l’endroit où aurait dû se trouver son estomac. Surprise, Elle me lâcha et je lui assenai une série de coup que je ne retins pas. J’avais ma revanche sur Elle. Tout le mal qu’Elle avait fait subir à ma famille je lui rendis au centuple. Dans mes mains le bâton devint une arme redoutable et j’exécutais des enchainements que je ne m’aurais jamais cru capable de faire. La Grande Faucheuse perdit de sa superbe et essayait d’éviter les foudres de ma rage sans arriver à rendre les coups. Elle ne méritait aucun égard. Elle avait trop pris d’un seul coup, sans donner d’explication et de raison. Si elle devait m’emporter avec Elle je comptais bien lui rendre la tâche aussi ardue que possible. C’était la moindre des choses que je pouvais faire pour les miens. Si Elle devait perdre des plumes dans la bataille personne n’irait s’en plaindre. Repenser au malheur qu’Elle avait engendré me donna la force suffisante pour lui assener le coup de grâce. Le souffle court, dans une posture plus qu’inconfortable la Grande Faucheuse faisait pâle figure.


- Sache que je reviendrai. Et cette fois…
Sur ces mots lourds de terribles promesses Elle s’évapora pour me laisser pantelante au milieu d’une rue de Paris.


Le ciel était clair et la vie reprit peu à peu autour de moi.
Le corps qui abritait mon esprit s’effritait et je rejoignis mon vrai corps. C’est là que je me rendis compte que j’avais arrêté de respirer depuis un long moment. L’air s’engouffra à toute allure dans ma gorge pour gagner mes poumons, manquant de m’étouffer. J’ouvris les yeux et m’aperçu de toute l’agitation que j’avais provoqué dans la rue. Un camion de secours s’était engagé dans la rue piétonne, et un attroupement de badauds s’était formé autour de moi. Un pompier me maintenait par les épaules tandis qu’un autre avait un masque à oxygène dans les mains. Tous deux me regardaient d’un œil perplexe.


- Vous allez bien mademoiselle ?
Je pris un moment avant de répondre pour être sûre que ma voix ne faillerait pas.
- J’avais rendez-vous avec la Mort et ça ne s’est pas exactement passé comme Elle l’aurait souhaité.


Pour tous ceux qui nous ont quittés trop tôt et qui vont beaucoup nous manquer.

dimanche 13 décembre 2009

Sometimes, we dream... - Episode 2


Alors qu'elle ramenait de l'eau puisée sur la place centrale, elle sentit les regards haineux se poser sur sa nuque.
Malgré les années qui s'étaient écoulées depuis son arrivée dans le village, l'attitude des villageois à son égard n'avait jamais changée. Elle faisait partie de ceux qu'on appelait les "rejetons". Venus de nul part ils étaient réputés pour être dotés de facultés particulières. Si la majorité d'entre eux communiquaient avec les animaux comme avec les humains, certains possédaient des capacités encore plus effrayantes aux yeux des gens "normaux". Elle avait entendu parler de rejetons qui étaient capables de voir dans l'avenir, de guérir les maladies par miracle, ou encore, mais beaucoup plus rare, de maîtriser une infime partie de la magie des Dieux. Ceux-là étaient la cible de véritables chasses à l'homme qui se terminaient en pendaison haute et courte devant une assemblée hystérique.
Heureusement pour elle, elle faisait partie des rejetons inoffensifs qui pouvaient comprendre le langage animal. De ce fait, la population de ce village la tolérait, même s'ils lui montraient ouvertement leur mépris pour les gens de son espèce. Et elle avait fini par s'y habituer.


Elle se dirigea vers le sud du village, là où se situait le quartier le plus miteux et qui était également le seul endroit où elle avait trouvé un toit pour se loger. Pour gagner un peu sa vie, elle offrait un abris et un repas chaud pour les gens du voyage, qui n'avaient pas les moyens de passer une nuit dans la seule autre auberge du village qui pratiquait des prix exorbitants.
Le bâton auquel elle avait attaché deux seaux d'eau remplis à ras bord pesait lourd sur ses épaules. Elle croisa la patrouille qui surveillait cette section du village et effectuait sa ronde habituelle. Elle ignora le jeune soldat qui continuait de la fixer. Ce n'était pas la première fois que quelqu'un la regardait comme ça, et ce ne serait sûrement pas la dernière.
Elle s'engagea dans une petite ruelle qui lui raccourcirait le chemin jusque chez elle. Perdue dans ses pensées, elle sursauta en entendant un raclement de gorge dans son dos. En se retournant elle vit que deux gamins occupaient la largeur de la ruelle, un bâton à la main frappant la pierre d'un air menaçant. Ces gamins se prenaient pour les terreurs du quartier, et s'amusaient à effrayer les plus jeunes, allant jusqu'à en frapper plus d'un pour les voler. Tout le monde le savait, mais personne ne faisait rien. Elle les ignora et continua sa route pour déboucher sur une mini place. Sa modeste demeure se trouvait de l'autre coté dans un renfoncement de la place, une baraque en bois coincée entre deux bâtisses à moitié délabrées.
C'est là que les deux gamins décidèrent de passer à l'action. Ils l'attrapèrent par les épaules et la firent chuter en arrière.


- Alors sale rejetone ! Qu'est-ce que tu as sur toi qui pourrait nous intéresser ?!


Ils commencèrent à la fouiller sans aucun ménagement. Encore étourdit par la chute, elle reprit ses esprits et balança son pied droit dans le nez d'un des gamins qui craqua sinistrement. Il hurla de douleur et porta ses deux mains au visage pour enrayer le sang qui giclait.


- Fracasse-lui la tête Veress ! T'as vu ce qu'elle m'a fait !


Le plus grand et plus costaud des deux reprit son bâton et le leva au-dessus de sa tête pour l'abattre férocement dans les côtes de la jeune femme. Elle en eut le souffle coupé.


"Elyss... j'ai besoin de toi..." lança-t-elle intérieurement aussi fort que possible.
"Que se passe-t-il ?"
"J'ai besoin de toi... deux gamins..."
"Je suis loin, tiendras-tu le temps que j'arrive ?"
"Oui, mais fait vite !"
"Accroche toi petite humaine."


La rejetone encaissa deux autres coups sans arriver à reprendre son souffle. Elle entendit un bruit de course dans la ruelle d'où elle était arrivée et des éclats de voix. Les deux gamins lui balancèrent encore quelques coups de pieds avant de détaler comme des lapins. Un soldat venait de mettre en déroute les deux terreurs. Elle s'adossa au mur pour reprendre ses esprits. Le soldat ramassa les affaires de la jeune femme et s'approcha d'elle. Quand il voulut lui tendre la main pour la relever elle fit un geste brusque de refus et se remit sur pied seule. Elle épousseta sa tunique bleue et resserra le lacet au niveau de sa poitrine avant de réajuster ses hauts de chausse. Alors que le soldat lui tendait ses affaires un loup surgit de nulle part pour se mettre entre lui et la jeune femme. Babines retroussés il grognait sauvagement en direction du jeune homme. C'est là qu'elle s'aperçut que c'était celui qui la regardait depuis ce matin. Il commençait à lui taper sur les nerfs.
Elle calma le loup en lui posant une main sur la tête et reprit ses affaires en évitant soigneusement de toucher le soldat.


- Si tu tiens à ta promotions soldat, tu devrais éviter de te préoccuper du sort d'une rejetone, déclara-t-elle avant de tourner le dos.


Ses cheveux, retenus en deux nattes qui partaient de ses tempes pour se rejoindre au niveau de sa nuque volèrent quelques instants dans les airs avant de retomber sur ses reins.
C'était la première fois qu'il entendait le terme "rejetone", et même s'il avait l'impression que ça sonnait de mauvais augure, qu'est-ce que ça pouvait lui faire qu'elle en soit une ou non. Il ne faisait que son devoir de soldat.


- Quel est ton prénom ? lança-t-il à tout hasard, se fichant éperdument des regards inquiets des villageois qui volaient du jeune soldat à la rejetone.


Le loup qui l'escortait s'arrêta et se retourna en même temps qu'elle pour se mettre en position défensive. Levant un sourcil interrogateur elle se fendit d'un sourire espiègle et répondit.


- Louve. Je m'appelle Louve.