mercredi 29 septembre 2010

Cor et âme


Louve avançait tant bien que mal dans le froid glacial qui s'engouffrait dans le col des Ivis. Elle se plaisait à penser qu'elle marchait dans les pas de terribles guerriers, et qu'autrefois ici s'était déroulée la plus épique bataille de tous les temps qui avait opposé les Lazzivis aux Evenois. Elle se plaisait à penser qu'ici s'était joué l'avenir des deux peuples, et qu'ici s'était scellé une trêve qui avait marqué la fin d'une époque sanglante. Et aujourd'hui elle foulait ce sol avec la même ferveur que ces guerriers sanguinaires. Le cri d'un cor surgi du passé vint chatoyer ses oreilles pour s’immiscer en elle comme un chant d'espoir. Le fruit de son imagination fiévreuse lui faisait entendre ce qu'elle voulait entendre et lui faire voir ce qu'elle voulait voir. Aussi ne fut-elle pas étonnée d'apercevoir des silhouettes fantomatiques rejouer l'histoire sous ses yeux. Cela avait la douceur d'une promesse bientôt respectée et l'aigreur d'un destin implacable, clouant des êtres dans un tableau éternel qui se devaient de revivre sans cesse les mêmes épreuves.


Le chant du cor s'évanouit dans une bourrasque de vent, soulevant le lourd manteau en fourrure de la rejetonne, et emportant au loin les reliques du passé. Vartan était à quelques mètres d'elle, mais le brouillard dissimulait presque entièrement sa silhouette courbée par l'effort. Elle marchait seulement dans les traces du jeune homme, vers un avenir qui n'aurait peut-être jamais de lendemain.

Un petit aperçu d'un univers en cours d'élaboration !

lundi 20 septembre 2010

Libre... ou pas !



Lysiah troque son monde réel pour le monde de Runequest le temps d'une campagne.
Alors la voilà devenu esclave... esclave d'hommes-cochon et réduite a devoir brouter de l'herbe pour être un "bon troupeau"... esclave d'hommes au crâne rasé agitant son fouet dès que les champs ne sont pas bien labourés ou la vigne mal entretenue...
Oui, mais Lysiah a d'autres rêves, d'autres espérances que de rester esclave d'un domaine. Elle rêve d'être une puissante sorcière doublée d'un incroyable talent pour pourfendre ses ennemis à l'épée. Oui, bon, on peut toujours rêver n'est-ce pas ? Alors avec ses compagnons ils doivent montrer leur courage et leur valeur pour mériter cette liberté chérie. Et ça c'est une autre paire de manche.
Entre Bjorn le barbare pas fichu de garder sa langue dans sa poche et qui se fait dérouiller en deux mandales, Clacus le sage qui n'est pas sage et couard par-dessus tout, Mentuis l'archer qui tire fièrement des flèches inexistantes avec un arc inexistant, Crockus qui ne rêve que de capitaliser l'argent de ses compagnons en jouant jusqu'au bout de la nuit, Lysiah la sorcière qui tente sans succès d'achever un scarabée géant sans attendre la fin des débats pour savoir si oui ou non on le garde en vie, et Uzulle le sable qui regarde tout ça avec un œil dépité et désabusé ; ils iront loin. Très loin.
Avec le prêtre de la Lune Bleue du doux nom de Bleu-cauchemar aux fesses et un esprit qui possède l'âme de leur maîtresse Julia, ils sont plutôt mal barrés. A une petite semaine de leur liberté, voilà qu'un esprit de la lune noire tente de posséder également l'un d'eux et de faire couler le sang à Palbar pendant les fêtes.
Voilà encore une belle équipe de bras cassés !


La suite nous dira si la bande de bras cassés mérite sa liberté ! ^^
Notes pour ceux qui n'aurait pas compris un traître mot de ce que je viens d'écrire, il s'agit d'une campagne de jeu de rôle, basée sur l'univers et les règles de Runequest, et commencée il y a quelques mois avec un groupe, ma foi, fort sympathique.

jeudi 16 septembre 2010

Lueur d'espoir - Episode 8

La journée passe lentement, au rythme des quarts de surveillance du groupe. Je propose mon aide pour patrouiller dans le secteur, mais Tim refuse catégoriquement. Il ne me quitte quasiment pas du regard, épiant le moindre geste suspect de ma part. Je décide donc de prendre mon mal en patience et de profiter de ce repos surveillé pour reprendre des forces. J’en ai bien besoin.
Geremy vient me tenir compagnie une partie de l’après-midi. Comme je m’en doutais il va sur ces quinze ans le mois prochain. C’est un gamin bavard, plein de bonne volonté et de bonnes intentions. Il a juste grandit trop vite. Beaucoup trop vite. Et son rapport avec la mort est un peu spécial. Je préfère donc éviter le sujet qu’il essaye d’aborder à plusieurs reprises avec moi. Je ne lui raconterai pas ce que ça fait de tuer huit hommes en quelques secondes. Je ne l’inciterai pas à prendre les armes s’il a le choix de ne pas les prendre. J’aurais aimé avoir le choix, et j’aurais très certainement fait le choix de ne pas les prendre.
Sur les coups de 21 heures, tout le groupe se retrouve autour du baril dont les flammes montent jusqu’à hauteur d’homme. Je reste à l’écart piochant dans mes réserves pour me préparer un frugal repas. Un sachet de fruits secs avec de l’eau. L’ambiance au sein du groupe est détendue. La conversation est conviviale et par moment des éclats de rire s’échappent de quelques gorges. Il ne m’en faut pas plus pour sombrer dans une douce torpeur. Je suis harassée de fatigue, et j’ai le cœur léger rien que de penser à la bonne nuit de sommeil qui m’attend. Je finis par m’allonger contre le mur, me servant de mon sac comme oreiller.

« Je longe silencieusement le couloir, la rapière à la main. Je leur fais signe de s'arrêter. Un silence de mort s'abat sur nos têtes. Je passe la tête à droite. Rien. A gauche. Rien non plus. Je traverse la pièce déserte en évitant soigneusement de marcher sur les débris de verre qui trainent au sol. Ils me suivent, toujours silencieusement. Nous traversons ainsi le bâtiment en ruine sans encombre. Une fois dehors nous longeons les murs toujours sans faire de bruits. Au croisement de la ruelle avec une grande avenue je recommence mon petit manège de reconnaissance. Je passe la tête à droite. Rien. A gauche…. Une brigade du PPNG nous attend, mitraillettes en main. Et manque de chance ils m’ont repérée.

- Fuyez !

C'est la cavalcade. Tout le monde part dans tous les sens, dans le plus grand des chaos. J’entends vaguement quelques ordres de ralliement au point stratégique que nous avions défini un peu plus tôt dans la journée. Suivant le mouvement de foule je range la rapière dans son fourreau. Les soldats arrivent se lancent à notre poursuite ordonnant d’en ramener le plus grand nombre. J’arrive à bout de souffle dans une étroite ruelle et enfonce la première porte que je croise pour rentrer dans l’immeuble. Mais en jetant un œil derrière moi, je m’aperçois que personne ne me suit. Je vois mes compagnons passer en trombe devant la ruelle, rapidement suivi d’une vingtaine de soldat. C'est risqué mais je dois faire diversion pour qu'ils s'en sortent. Je retourne donc sur mes pas et contourne l'ennemi jusqu'à me retrouver entre eux et ceux que je dois protéger coûte que coûte. Dans ma course je dégoupille une grenade et la lance derrière moi. L’explosion est assourdissante et un souffle chaud manque de me jeter au sol. Cela devrait laisser du temps aux autres pour s'échapper de là et rejoindre le point de ralliement. Maintenant je dois attirer le reste des soldats pour qu’ils ne tentent pas de poursuivre les autres. Je lance une deuxième grenade devant moi qui bouche la ruelle de gauche que viennent d’emprunter mes compagnons. Je continue tout droit et bifurque dans la première rue à droite. Je peux entendre les jurons des hommes et leurs bottes claquer sur le sol. Ils sont justes derrière moi, et à priori ils sont tous à ma poursuite, une bonne chose. Ou pas. Je me retourne ; le premier est à dix mètres. Je n'ai plus de forces. Regardant de nouveau devant je tente de m'arrêter mais les bras de cinq hommes se referment sur moi. Ces cons ont réussi à prendre de l’avance pour couper ma trajectoire. C'est la fin. Ils vont me tuer. Et de leur point de vue ce ne serait qu’un échange de bons procédés. La vie d’un des leurs contre la vie d’un des nôtres. Le chef de la brigade s'approche tandis que les autres me maintiennent les bras dans le dos. Il lève son arme. J'aurai au moins eu le mérite d'avoir attiré toute leur attention. Je souris. La crosse s'abat sur ma tête. »

Je me réveille en sursaut, le souffle court. Khenzo est en train de me secouer le bras.

- Aller lève-toi. C’est l’heure de partir.

Je m'assois et passe une main dans mes cheveux. Toujours ce même cauchemar. Je chasse les dernières images qui me restent et prends mes affaires. Je glisse les deux couteaux de chasse dans mes bottes et replace les revolvers dans leurs gaines au niveau de mes cuisses. Après avoir mis mon manteau, je sors mes mitaines des poches pour les enfiler à leur tour. Alors que je m’apprête à remettre dans mon sac les sachets de provisions que j’ai sorti la veille je tombe sur la ceinture de ma rapière. Elle est en cuir finement ouvragée, souple comme du tissus mais aussi solide que de la ferraille.

- C'est quoi ça ? me demande curieusement Geremy par-dessus on épaule.
- Rien... c'est rien.

Je range tout mon bazar et passe mon sac en bandoulière. Ma mitraillette repose le long de ma hanche, à portée de main. Une fois prête, je rejoins les autres qui se sont regroupés devant l’entrepôt. C'est encore l'aube et une fine couche de givre recouvre le sol. Le temps se dégrade de jour en jour et l’hiver commence à pointer le bout de son nez. Je frissonne lorsqu’une bourrasque de vent s’engouffre dans la rue pour nous balayer glacialement. Il est grand temps de troquer un de mes deux shorts contre un pantalon.
Par deux fois dans la journée nous avons fait des détours pour contourner des patrouilles du PPNG. Après la descente de deux de leurs unités dans le secteur ils sont sur le qui-vive. Ils ont renforcé leurs effectifs et ils sillonnent de manière quasi permanente les lieux. Ces derniers temps je les trouve de plus en plus présent à la périphérie de l'Ile-de-France. L'influence d'Augustin Macrélois a certainement dû s'étendre un peu plus pour recruter de nouvelles troupes. Ce gars est un vrai parasite. Six mois après la nuit de la Folie il s'était autoproclamé président de France. Bien entendu, vu le fiasco qui règne dans le pays, cette appellation n'a plus aucun sens. On est président quand on a une nation à gérer. Aujourd’hui à quoi ressemble la France ? Un champ de ruine. Seule la capitale et quelques villes ont été épargné. Trop peu pour avoir quoique ce soir à gérer. Je sais que Paris est devenu le QG de Macrélois. Et si être président de la France aujourd’hui n’a plus de sens, en revanche ce qui en a un, c'est qu'il est un militant fanatique du PPNG. Il reçoit donc l'appui inconditionnel du fondateur du parti : Ken-Lee-Wu Wonghonk. Ce vieillard, aux ambitions dévastatrices et démesurées, accorde tout le soutient militaire et financier dont Macrélois a besoin. A se demander si le véritable maître du jeu en France n’est pas Wonghonk qui s’amuse ainsi à placer ces marionnettes sur l’échiquier du monde.
Je rêve du jour où toutes les crapules de leur genre seront éradiqués du pouvoir et expédiés rapidement là où personne n’aimerait les rejoindre. Le monde s'était cru à l'abri de ce genre de choses ; il s'est endormi sur ces acquis et voilà le résultat... voilà ce qui arrive quand on ne fait que regarder le passé ; on oublie que le futur est là devant nous, et que chaque jour il prend un nouveau visage. Aujourd’hui nous payons le prix de toutes nos absurdités. Il faut espérer qu'il n'est pas trop tard pour changer la donne, mais ce sera dur... et long.


Hop hop hop ! La suite d'Horizon, avec en prime un petit work in progress de Khenzo. Oui Lysiah se met à dessiner autre chose que des femmes... comme quoi tout arrive !

mardi 14 septembre 2010

Ophéa... et la lumière fut !

Son plus lointain souvenir remonte au jour où son âme s'ouvrit au monde. Ses yeux se posèrent alors sur un regard étrange. Un regard où l'angoisse et l'insouciance se côtoient comme deux vieilles amies. Un regard où l'espoir brille à nouveau de mille feux, comme une renaissance au cœur des ténèbres.
Lys est seule. Lys est perdue. Lys a peur.
Son seul espoir repose désormais sur Ophéa, sur son dernier grain de folie.
Une étrange lutte commence alors pour un unique objectif. Que la lumière soit...


Aussi surprenant que cela puisse paraitre, ça arrive à Lysiah de bosser pour de vrai. Si, si, je vous jure ! La rentrée approche vite, avec son lot de galères, d'émotions, de nouveautés, et surtout de projets, tout plein de projets !
Voici donc un tout petit aperçu d'un concept de jeu qui repose sur un univers onirique et poétique. Mais j'en ai déjà trop dit pour l'instant, laissons le mystère planer quelques temps...

vendredi 10 septembre 2010

Un vide passe


Le coeur vidé comme une absence qui ne se comblera jamais.
Elle regardait au loin, et ses espoirs, un à un, disparaissaient à mesure que ses certitudes étaient ébranlées.

mardi 7 septembre 2010

Lueur d'espoir - Episode 7

Je me passe les mains dans les cheveux. Ils sont encore humides le long de ma nuque. La fatigue de ces derniers jours me rattrape. Aujourd’hui je suis lasse de cette vie. Je soupire et jette un œil en direction de Camélia. La jeune femme s’est redressée sur la paillasse. Elle me regarde curieusement.

- Comment tu t’appelles ? demande-t-elle doucement pour ne pas être entendue de Tim.
- Xalyah… Comment te sens-tu ?
- Bien… enfin mieux ! Merci.
- Je t’en pris. J’ose espérer que tu en aurais fait autant à ma place.

Elle lève un sourcil perplexe. Je ne sais pas comment je dois prendre cette réaction. Khenzo qui était allé chercher quelque chose de l’autre coté du hangar revient vers nous et s’agenouille devant.

- Tu veux un peu de café ?
- Je veux bien.

Il me tend une timbale en fer remplie d’un liquide noir bouillant. Après m’avoir servi il fait le tour de ses compagnons. Il finit par Tim qui boude toujours dans son coin puis vient s'asseoir à coté de moi.

- J’espère que tu ne lui en tiendras pas trop rigueur. Il a été un peu brutal, mais je crois que la blessure de Camélia l'a plus secoué qu’il ne voudra l’avouer.
- Il n'y a pas de mal...

Le silence retombe entre nous. Deux personnes se lèvent près du feu et sortent du hangar par une porte dérobée sur le coté. Je suppose qu’ils vont entamer leur quart pour surveiller la zone. Le calme apparent et le crépitement des flammes contre les parois rouillées du baril me rappellent des temps meilleurs. Je ferme les yeux quelques instants. Khenzo ne semble pas vouloir bouger à coté de moi.

- J’aurais une question…
- Oui ?
- Que faites-vous ici ?

Je tourne la tête pour le regarder. Même si je lui donne tout juste la vingtaine, il a les traits d’un homme mature qui a vécu beaucoup de chose et qui pèse ses mos et ses actes. Je le sens un peu sur ses gardes suite à ma question. Il souffle sur les mèches qui lui balayent le front.

- Nous « campons », si je puis dire, pour aujourd’hui.
- Non, je veux dire ; que faites-vous dans cette ville tous les quinze ? Répond-moi franchement.
- Et bien...

Il jette un coup d'œil à Tim. Je sens qu’il hésite à me répondre.

- Ça ne va pas lui plaire mais tant pis. En fait nous sommes ici en patrouille. Nous... il y a une petite cité souterraine dans le coin et nous veillons à sa sécurité.
- Une cité souterraine ? Ici ?

La flamme de l’espoir se ravive au fond de moi. Peut-être…

- Oui, les survivants de la ville ont trouvé refuge dans les égouts il y a près d’un an maintenant, continue Khenzo qui ne s’est pas aperçu de mon trouble. Ils les ont aménagés pour pouvoir y vivre. C’est plus confortable que certains endroits où je suis passé.
- Comment ont-ils fait pour échapper aux patrouilles du PPNG ? Nous sommes presque en territoire conquis par Macrélois ici.
- Disons qu’ils ont trouvé un système de protection qui s’est avéré efficace jusqu’à présent.

Mais je ne me fais pas d’illusions. Tôt ou tard ils devront soit se soumettre, soit partir.
C’est tellement fataliste comme raisonnement. Mais tellement vrai également. En territoire conquis il n’y a pas trente six solutions. Khenzo vient d’en citer deux d’entre elles. La troisième et dernière consiste à mourir. Tellement fataliste…

- Et toi d’où viens-tu alors ?
- Moi ? Khenzo me regarde avec un sourire que je ne sais interpréter. Après la chute de Paris et la nuit de la Folie, je me suis retrouvé seul. J’ai pas mal erré dans la région, et il y a presque neuf mois, j'ai rencontré Tim et son groupe. Depuis on voyage ensemble. Après avoir parcouru pas mal de villes nous avons atterrit ici. Cela fait deux mois que nous assurons la sécurité de la cité. En échange on a un endroit où dormir quand on ne patrouille pas. Mais je pense que nous allons partir d'ici peu… Je ne sais pas pourquoi je te raconte tout ça, rajoute-t-il après un long silence.

J'assimile ce qu'il vient de me dire tout en le dévisageant. Il est plutôt grand, un mètre quatre-vingt-dix je dirais, brun, les cheveux en bataille, de grands yeux noisette, et une barbe de deux jours sur les joues. Ses traits sont tirés et à mon avis cela doit faire longtemps qu'il n'a pas dormi une nuit entière. Les temps sont vraiment durs.

- Tu as perdu ta famille pendant la nuit de la Folie ?
- Non… Je ne l'ai jamais connue. J'ai été élevé à la DASS. En un sens je n'ai rien perdu et tout gagné dans cette guerre. Elle m'a donné la chance d'avoir une figure paternel à mes cotés.
- Tu parles de Tim ?
- Oui. Il est rustre et parfois grossier, mais c’est quelqu’un de bien. A vrai dire je lui dois encore beaucoup.

J’observe les compagnons de mon interlocuteur. Même s’ils sont en apparence détendus je les sens méfiants à mon égard et je les comprends ; ils n’ont aucune garantie sur mes intentions si ce n’est ma parole et celle de Khenzo qui a décidé de me croire. Je dois dire que c’est peu. Je ne peux pas en vouloir à Tim de ne pas pouvoir m’encadrer. Je ne peux pas leur en vouloir de se méfier plus que nécessaire. La prudence n’est jamais de trop.
L’homme assis à mes cotés est retourné dans son mutisme. Il fixe le sol entre ses pieds perdu dans ses pensées. Il dégage une aura agréable. Il n’est pas comme tous ces hommes que j’ai croisés. Arrogants, fiers, méprisants. Non. C’est plutôt une force calme qui se tient à quelques centimètres de moi.
Camélia s’est assoupi, tenant le bras de son épaule blessée serré contre elle. Comme tous les autres elle porte des vêtements usés ou déchirés. La seule chose qui les distingue un peu des civils que j’ai pu croiser jusqu’à maintenant ce sont de petites épaulettes en cuir et en fer maintenus par des sangles qu’ils portent tous. Malheureusement pour la jeune femme, la balle a trouvé une trajectoire évitant l’épaulette pour aller se loger à coté du passage de la sangle. Ils sont également tous armés jusqu’aux dents. Même si aujourd’hui tout le monde porte au moins une arme à sa ceinture, eux sont mieux armés que la plupart de la population survivante. Je comprends mieux pourquoi maintenant.
Le plus jeune du groupe se lève et vient s’asseoir quelques mètres plus loin en face de moi. Khenzo m'apprend qu'il s'appelle Geremy. Il doit avoir une quinzaine d’année à tout casser. Il a tout de l’ado en pleine croissance.

- Alors comme ça tu as sauvé Khenzo en tuant huit soldats du PPNG ?

Je jette un regard interrogateur à mon voisin. Il me fait un sourire contrit en guise de toute réponse.

- Oui. Pourquoi ?
- Il parait que tu les as descendu en moins d'une minute... ce devait être grandiose, ajoute-t-il en mimant théâtralement les tirs avec sa main.

Je suis choquée qu'un gamin de son âge parle ainsi de la mort de plusieurs hommes, même si c'étaient ses ennemis.

- C'est exact. Mais sois plus respectueux envers les morts. Cela n'a rien d’extraordinaire de tuer ou d'être tué.

Geremy fait la moue et se passe une main dans ses cheveux blonds comme les blés pour les ébouriffer.

- As-tu déjà pointé une arme sur quelqu'un ?
- Heu... non.
- Alors débrouille-toi pour le faire le plus tard possible.
- Et tu devrais l’écouter ! ajoute Khenzo d’un ton sévère.

Le gamin croise les bras sur sa poitrine et fait mine de bouder. Décidément je vais finir par croire que c’est la mode dans ce groupe ce genre d’attitude.

- Et toi que fais-tu ici ?

Je jette un œil à mon voisin.

- Je poursuis ma route.

Ma réponse évasive ne lui suffit pas.

- Où mène-t-elle ta route ?

Je soupire. C’est un sujet que je n’ai pas forcément envie d’aborder. Pourtant je vais le faire. Je dois bien ça à l’homme qui a donné sa bénédiction pour que je reste ici. Question de principes… Oui ça existe encore les principes. Du moins pour moi.

- Nantes.
- Nantes ?
- Oui, je suis la trace de quelques personnes. Et d’après ce que j’en sais aux dernières nouvelles elles se dirigent vers Nantes. D'ailleurs vous n'auriez pas croisé, il y a quelques jours, un groupe de civils qui cherchaient à fuir la région parisienne ?
- Des civils qui fuient la région on en a croisé un paquet. Tu cherches qui exactement ?
- Ma famille…

Je me mets à rêvasser. Le sourire de ma mère, la bienveillance de mon père, l'insouciance de mon petit frère, hantent mes pensées. Ils me manquent tellement. Les choses n’auraient pas dû se passer comme ça. D’ailleurs rien n’auraient dû se passer comme ça, à compter de la nuit de la Folie. Khenzo me parle mais je ne l'écoute pas.

- Tu disais ?
- Quelqu'un pourra sûrement t'aider. D’après ce que je sais il est au courant de tous les mouvements qui ont lieu dans ce secteur. Donc si ta famille est passée par là il sera au courant.
- Où puis-je trouver cette personne ?
- Comme ça ? Aucune idée. Je ne l’ai jamais vu. Mais je connais quelqu’un qui pourrait te mettre en contact avec lui si tu veux.
- Pourquoi ferais-tu ça pour moi ?

Je me méfie. J'ai déjà eu à faire à ce type de situation. Ils sont gentils, prévenants, t'offrent leur amitié, et une fois que tu leur tournes le dos, ils te poignardent. J’espère me tromper pour une fois, mais on n’est jamais trop prudent.

- Je te dois sûrement la vie, et tu nous as aidés à prendre soin de Camélia. Cela fait deux bonnes raisons de te donner un coup de main, tu ne crois pas ?

Un point pour lui, je ne trouve rien à répondre. Et après tout, si je peux obtenir quelques informations, je n'ai rien à perdre et tout à gagner.

Enfin la suite des aventures de notre très chère Xalyah ! En prime voici un petit speedouille fait à l'arrache il y a quelques temps qui présente la bouille générale des soldats basiques de l'armée du Parti Politique de la Nouvelle Génération.
Suite au formatage raté de mon disque dur je vais devoir reprendre à zéro les boulots sur lesquels j'étais en train de bosser, du coup pour les illustrations je fais un peu du recyclé, j'espère que vous ne m'en voudrez pas !

jeudi 26 août 2010

Le retour !

Je m'étais pourtant dit que je n'y remettrais pas les pieds de si tôt. Et pourtant...

Lysiah regarda Octene et sourit à la blague de la svelte elfe. Voilà longtemps qu'elles ne s'étaient pas retrouvées toutes les deux cotes à cotes pour de nouvelles épopées.
Chacune avait vécu sa vie de son coté pendant presque un an. Elles avaient mûri, elles avaient vu du pays.
Aujourd'hui elles se retrouvaient en toute amitié dans une échoppe de Dalaran. Il s'en était passé des choses ici depuis qu'elles étaient parties. Elles se racontèrent leur vie pendant un moment encore.
La nuit était bien avancée quand Octene posa les deux mains sur la table d'un air résolu. Il était temps. L'elfe de la nuit attrapa son barda et le jeta sur l'épaule pour se diriger vers la porte. Lysiah regarda la silhouette de la druidesse se détacher dans l'embrasure de la porte. Oui, il était temps qu'elles se remettent au travail. La prêtresse prit son bâton et épousseta sa robe. Il était grand temps de reprendre du poil de la bête.
Les deux jeunes femmes remontèrent la rue jusqu'à la banque. Elles avaient deux trois petites choses à faire avant de marcher vers leur destin...

Quelques souvenirs remontent en surface, quelques visages amicaux croisés au détour d'une rue de Dalaran. Alors on fourre son nez dans les réputations qu'il reste à monter, dans le stuff qui est dépassé depuis belle lurette, dans les nouveaux items, nouvelles instances, ou donjons jamais explorés. L'envie revient, mais avec réserve. L'instinct du healer reprend le dessus, les vieilles habitudes refont surface.

Le nouveau système des donjons aléatoire est bien vu. Trop bien même. On perd l'aspect social du jeu. Le fait d'en chier pour trouver des gens avec qui grouper. A peine un "salut" au début du donjon et un "à+" à la fin. Faut faire ça vite, toujours plus vite, encore plus vite. Mais au moins les emblèmes tombent rapidement. Alors il faut vite se stuffer, toujours se stuffer et encore se stuffer. L'optimisation c'est bien, mais ça peut tuer l'ambiance de jeu par moment.
Il n'y a pas à dire, je regrette vraiment les temps du RvR de DAoC. Cela avait un autre goût, une autre dimension, une immersion beaucoup plus grande ! Le stuff n'était pas une fin en soi. Encore fallait-il savoir jouer...

vendredi 30 juillet 2010

Un air de liberté


Le roulement des vagues sur la plage résonnait comme un chant lancinant et apaisant. L'air frais et chargé d'une odeur qui lui était si particulière balaya les mèches de sa nuque.
Les rayons du soleil lui procurait une agréable sensation.
Il était temps. Temps de partir pour s'évader. Temps de partie pour rêver un peu...
Enfin ce petit air de liberté que nous chérissons tous semble arriver.


Voilà une année bien remplie qui se termine, pour démarrer prochainement de nouvelles aventures palpitantes !

mercredi 21 juillet 2010

Réflexions

Il est des guerres où nous avons tous un rôle à jouer. Il est des guerres qui ne sont pas guerre, mais des simulacres d’une bataille perdue d’avance.
Aujourd’hui qui sommes-nous en dehors de ces pantins qui jouent une scène déjà écrite et finie ? Rien. Nous ne sommes rien et en même temps nous sommes tout. Absurde. Comme notre société.
Si Dieu est mort le jour où le pain a été fabriqué industriellement, l’Homme est mort le jour où il a transposé son rêve dans la vie. Mauvais choix, mauvaise transposition. Le rêve est devenu encore plus inaccessible et la vie s’est transformée en cauchemar. Quoi de plus terrifiant que de constater la simplicité de vivre hors de portée ? On s’engouffre dans une crevasse sans fond où l’on doit plaquer du sens sur tout ce qui nous entoure. Pourquoi le noir est-il si dense ? Le grain du papier symbolise-t-il le lien entre l’objet réel et sa représentation ? Le rouge est-il passion, amour ou souffrance ? Tant de choses tellement évidentes qu’elles en deviennent banales, tant de choses tellement acquises dans nos pensées et modes de fonctionnement qu’à la fin elles n’ont plus de sens.
Donner un sens à tout ce qui existe, une raison à tout ce qui est et n’est pas, n’est-ce pas finalement perdre ce qui fait notre monde ? Si l’on ne peut plus s’émerveiller sur le moindre évènement sans qu’une formule mathématique et tout un raisonnement scientifique n’en explique l’origine, le développement, et la finalité, quel intérêt avons-nous d’être ici ? A l’émerveillement et la spontanéité, se substituent le désabusement et le raisonnement logique.
Notre société n’a-t-elle pas épuisé tous les bénéfices de la certitude ? L’incertitude, voilà ce qui redonnerait du sens à la présence animale, végétale et minérale, sur cette planète que nous appelons la Terre bleue comme une orange.


Des questions, encore des questions, toujours des questions... Mais où cela nous mènera-t-il ma chère petite Lysiah ?

lundi 19 juillet 2010

Lueur d'espoir - Episode 6


J’emboite le pas de Khenzo qui m’emmène vers le fond du hangar. Une jeune femme aux cheveux blonds et turquoise est allongée sur une paillasse. Tout son coté gauche est recouvert de sang. Son t-shirt a été découpé au niveau de l’épaule et un bandage sommaire essaye de tenir le rôle d’un garrot. Elle a perdu beaucoup de sang et le flot ne s’est pas encore tari. A ce rythme elle est condamnée si on ne fait rien.

Je m’agenouille à coté d’elle. Dans la pénombre je distingue ses traits livides. Elle souffre en silence, essayant de garder un rythme cardiaque stable.

- Qui es-tu ? me demande-t-elle dans un souffle saccadé.
- Garde tes forces. On aura tout le loisir de faire connaissance plus tard.

J’ouvre mon sac et sort la trousse de premier soin que je me suis constituée. Khenzo prend place de l’autre coté de Camélia et lui pose une main sur le front en prononçant quelques paroles rassurantes. Je prends un flacon, du coton et une pince à épiler. Une fois la pince désinfectée j’écarte le bandage et observe la plaie. La balle est bien logée au fond de la blessure. La jeune femme s’agite et je sens son pouls s’accélérer.


- Tout va bien se passer. Compte jusqu’à trente.
- Pardon ?

Malgré la douleur elle trouve la force de prendre un air interloqué.

- Discute pas et compte.

Elle regarde Khenzo qui hoche la tête.

- Un, deux…

J’enfonce la pince dans la plaie à la recherche de la balle et d’une bonne prise. Camélia ne peut s’empêcher de crier.

- Ne t’arrête pas de compter ! Aller !
- Trois… qua… quatre… cinq…

La jeune femme serre la main de l’homme qui me dévisage curieusement. Je continue de fouiller la plaie. Le sang coule à nouveau en abondance. Je dois me dépêcher. A vingt je tiens enfin fermement la balle entre la pince. Je la retire d’un coup sec. Camélia perd connaissance. Ce n’est pas plus mal. J’imbibe un linge propre de désinfectant et nettoie bien la plaie. J’attrape ensuite une aiguille et coupe un morceau de fil. Quelques minutes plus tard la blessure est recousue. Je me suis appliquée le plus possible et normalement elle ne devrait garder qu’une petite cicatrice. Khenzo prend le comprimé que je lui tends.

- Fais lui avaler ça. Elle supportera mieux la douleur.
- Merci…
- C’est normal.

En me relevant je m’aperçois que tout le groupe a les yeux rivés sur nous. Certains me regardent avec méfiance, d’autres avec curiosité. Tim, lui, me dévisage avec haine. Décidément celui-là ne peut vraiment pas me sentir.

- Est-ce qu’il y a un endroit où je pourrai me débarbouiller ?
- Oui, bien sûr, répond Khenzo alors qu’il tente de faire reprendre connaissance à Camélia. Tu montes l'escalier que tu vois là-bas et au fond du bureau il y a une ancienne salle de bain. Il y a de l’eau mais elle n’est pas potable.

La salle de bain n'est pas un exemple de propreté mais je ne vais pas m'en plaindre. Les points d'eau sont difficiles à trouver depuis que Macrélois a coupé la plupart des systèmes de canalisation en dehors des territoires sécurisés. Voilà plusieurs jours que j'en cherchais un. Je remplis toutes mes gourdes vides et rajoute des pastilles effervescentes. Il ne m'en reste plus qu'un paquet de vingt ; il faudra que je trouve bientôt un fournisseur. Je range les gourdes dans mon sac et inspecte la pièce. Il y a un vieux miroir tout crasseux au-dessus du lavabo ; j'enlève une partie de la poussière et contemple mon reflet. Les paroles de Tim me reviennent à l'esprit : "Quel âge as-tu ? Vingt-cinq ? Trente ans tout au plus ?". Si seulement… C'est vrai qu'en l'espace d'un an et demi j'ai vécu bien des choses. J’ai vu des choses que je n’aurai jamais dû voir. J’ai fait des choses que je n’aurais jamais dû faire. Je soupire. Je suis un peu las de porter ce masque impassible. Il y a des jours où c’est plus dur à supporter. Demain ça ira mieux. "Ne jamais montrer ces faiblesses"... La phrase préférée de mon père. J’ai bien retenu la leçon. Je m'approche un peu plus du miroir jusqu'à ce que mon nez touche la surface froide. J'ai les mêmes yeux gris vert que ma mère. Un héritage de famille qui se transmet de mère en fille d’après ce qu’elle me disait. Elle aimait dire que les miens étaient les plus beaux de la famille. Sacrée maman. Je ne l’ai jamais cru une seconde. Mes cheveux, quant à eux, ressemblent actuellement à un grand champ de bataille. Poussiéreux, ils ont pris une teinte blanchâtre à force d’avoir trainé dans la poussière. Cela me vieillit encore plus. Une bonne douche leur redonnera leur couleur naturelle.
Je retire mes vêtements et me glisse dans la douche. L’eau est froide et me donne la chair de poule. Je me frictionne rapidement, enlevant la fatigue et la poussière de ces derniers jours. Une fois sèche j'enfile des vêtements propres ; un short, un tee-shirt ainsi que mes bas et mes bottes. C'est un peu léger pour la saison mais je n'ai rien d'autre en réserve. Je lave mes autres vêtements et les essore du mieux que je peux. Une fois toutes mes affaires rangées je redescends dans la grande pièce du hangar. Il y a de vieux bidons en métal et quelques cagettes qui trainent ici et là. Globalement l’endroit semble entretenu et régulièrement occupé.
Le rideau de fer a été tiré et un feu brûle ardemment dans l’un des bidons. Le groupe est réparti tout autour et discute calmement. La tension semble être redescendue. Khenzo est toujours aux cotés de Camélia dans un angle du fond. Je m’approche d’eux. La jeune femme semble aller un peu mieux et avoir reprit des couleurs. Elle me fait un signe de la tête en guise de remerciement. Tim nous rejoins à ce moment-là et se plante devant moi. Il a l’air toujours aussi furieux.

- Ce n’est pas parce que tu as soigné Camélia que tu dois te croire chez toi ici. Alors prend tes affaires et fous le camp !
- C’est demandé si gentiment…
- Ne fais pas la maligne avec moi !

Tim m’attrape à nouveau par le col de mon manteau et me plaque violemment contre le mur. Je lâche mon sac sous le coup. Le silence accompagne sa chute. Tous les regards sont braqués sur nous à présent. Il colle son avant bras sous ma gorge et se rapproche de mon visage.

- Tu n’es pas la bienvenue ici, grince-t-il. Je ne te le dirais pas trois fois, prend tes affaires et barres-toi !
- Mais…
- Il n’y a pas de « mais » ! Ferme-la ! Je t’ai dis de te casser !

Tim resserre son étreinte. Khenzo décide d’intervenir à ce moment-là pour nous séparer. Le quinquagénaire rechigne à me lâcher si bien que le jeune homme est obligé de l’empoigner de force pour l’éloigner.

- Tu fais chier Tim. Elle a sauvé la peau de Camélia et c’est comme ça que tu la remercies ?
- J’aime pas cette gonzesse. Elle va nous attirer des ennuis je le sens.

J’aime beaucoup quand on parle de moi comme si je n’étais pas là alors que je me tiens à quelques centimètres…

- Arrête ta paranoïa. Elle restera ici aujourd’hui si elle le souhaite. La nuit a été rude pour tout le monde. Alors n’en rajoute pas.
- Non… je…
- Arrête je te dis !

Khenzo repousse violemment Tim vers le feu et lui fait signe de s’asseoir.

- Je t’ai connu moins ronchon. Alors si tu veux jouer à ça, reste là à ruminer dans ton coin et arrête de nous casser les pieds comme ça.

C’est presque comique de voir l’aîné du groupe se faire rabrouer de la sorte. Il croise les bras et continue de marmonner des injures.
Le jeune homme revient vers moi. Je n’ai pas encore osé bouger, attendant de voir comme les choses allaient tourner. Il s’approche de moi et me dévisage quelques minutes en silence. Je finis par prendre la parole.

- Ecoute, je ne veux pas vous embêter. Alors je vais ramasser mon sac et m’en aller. Ce sera plus simple comme ça.
- Non, non. Tu peux rester ici, répond-t-il pensif. Sauf si tu as un meilleur endroit pour passer la journée et dormir cette nuit. Il ne faut pas en vouloir à Tim. Ces derniers jours ont été un peu éprouvant pour nous, il a les nerfs à vif.
- Je comprends, les temps qui courent sont durs.

Je me laisse glisser contre le mur pour m’asseoir. Je n’ai pas envie de refuser l’offre de Khenzo. Je suis trop fatiguée pour refuser un abri sûr.

J'ai sorti mon stylet et me suis enfin penchée sur une illustration "potable" ! La suite des aventures au prochain épisode...

vendredi 16 juillet 2010

Une page se tourne...


Lysiah s'envole vers de nouvelles aventures après presque huit mois de stage chez F4. Une expérience enrichissante, et plein de bonnes bouilles qui lui laisseront beaucoup de bons souvenirs.
Merci l'équipe test ! Et bonne continuation à tous !

samedi 10 juillet 2010

Inspiration


Lysiah peut-elle vivre de ses rêves ?


Je crois que c'est ça la bonne question...

mardi 6 juillet 2010

Lueur d'espoir - Episode 5


- Merci, dis-je une fois sur mes pieds.
- Je t’en pris.

J’époussette mon manteau et ramasse mes affaires. L’homme m’attrape le poignet et me force à le regarder.

- Tu n’as toujours pas répondu à ma question. Qu’est-ce que tu faisais à nous surveiller là-bas ?

Je me dégage et commence à m’éloigner des lieux en regardant le détecteur de chaleur. Si j’avais le temps je leur aurais donné une sépulture décente. Comme pour tous les autres. Si j’avais le temps… Mais connaissant bien leur procédure de patrouille, cela n’allait pas être le cas.

- J’étais juste un peu curieuse. Je voulais savoir si c’était le PPNG ou l’OPPI.

L’autre ne réagit pas. De toute façon je sais que son groupe n’appartient à aucune de ces deux grandes organisations.

- Je te conseille de ne pas trop trainer dans les parages, une autre patrouille va bientôt débarquer pour voir ce qu’il est advenu de celle-là.

L’homme hoche la tête et me suis.

- Qui es-tu ? me demande-t-il.
- Peu importe qui je suis, je ne faisais que passer.

Je m’arrête et lève les yeux du détecteur. L’aube commence à pointer le bout de son nez à l’horizon. Une lueur rougeâtre s’élève au-dessus des carcasses des buildings et des maisons noyés sous les débris. L’homme se plante devant moi. Je le dévisage. Il doit avoir une vingtaine d’année, même s'il en paraît plus à cause de la faim et de la fatigue. Je sors un sachet d'abricots secs et lui en propose. J’en prends un à mon tour. Après avoir mangé il reprend la parole.

- Et bien, si tu ne restes pas qu'est-ce qui t'empêche de me dire au moins comment tu t'appelles ?

Je soupire et malgré moi je lui réponds.

- Xalyah.
- Pardon ?
- Xalyah... c'est mon prénom.
- Ha ! Moi c'est Khenzo.

Il me tend la main, mais je ne réagis pas. J’ai de nouveau les yeux rivés sur le détecteur de chaleur et ce que je vois n’est pas franchement réjouissant. Ce petit bijou de technologie est capable de repérer à dix kilomètres à la ronde la moindre source de chaleur, mais l’écran ne peut en afficher qu’un kilomètre carré à la fois. J’inspectais donc les environs sur les cinq kilomètres alentour. Le groupe de l’homme qui me tend toujours la main est retourné sur ces pas, et semble affronter un autre groupe d’individu. Les points lumineux s’agitent sur la carte. Je fronce les sourcils. Soudain plusieurs détonations résonnent au loin pour mourir à travers les ruines. Et merde…
La main de Khenzo retombe le long de sa cuisse. Ses traits se durcissent et ses muscles se contractent sous ses vêtements.

- C’est bien ce que je pense ? demande-t-il en grinçant des dents.
- J’en ai bien peur.

Sans attendre davantage il s’élance dans la première ruelle en direction des détonations. Je ne sais pas pourquoi mais mon intuition me dit de le suivre. Et je ne sais encore moins pourquoi je l’écoute.
Je m’élance à mon tour et le talonne de près. D’autres détonations résonnent à la chaine. Certaines proviennent de pistolet, d’autres de mitraillette. En tout cas, l’affrontement semble brutal. Quelques minutes seulement après les premiers coups de feu, le calme revient au-dessus des carcasses de béton et de métal. Khenzo accélère et je dois hausser le rythme pour rester derrière lui. Apparemment il fait parti de la catégorie des bons coureurs. Une chance finalement qu’une patrouille ait interrompu notre altercation. Je ne sais pas comment je m’en serais sorti sinon.
Je peine à manipuler le détecteur tout en courant. De ce que j’en vois, le nombre de point lumineux rouge a diminué de moitié. C’est pas bon signe.
Au bout d’un bon quart d’heure de course intense, il s’arrête brutalement dans une petite ruelle. Elle fait l’angle du bâtiment depuis lequel je l’observais, lui et son groupe, un peu plus tôt dans la nuit. Je manque de lui rentrer dedans et étouffe un juron. Il m’attrape par l’épaule et me plaque violemment contre le mur. Compris cinq sur cinq. Je la ferme.
L’homme jette un œil dans la rue principale. Il me fait signe d’avancer avec prudence. Par précaution j’enlève la sécurité du révolver que je viens de dégainer. Khenzo en fait de même avec son semi-automatique. On traverse rapidement la rue pour se plaquer dans le renfoncement d’un mur. Il me fait comprendre de surveiller nos arrières. Je le suis en longeant le mur jusqu’à ce que nous atteignions un grand rideau de fer. Alors qu’il s’apprête à me demander de l’aide pour le soulever le rideau s’ouvre d’un seul coup. Je pointe mon arme vers l’intérieur, distinguant vaguement des silhouettes dans l’ombre. L’homme qui m’accompagne a la même réaction. En une parfaite cacophonie tout le monde ordonne à tout le monde de rester là où il est et de baisser son arme.
Moment de silence.
Khenzo baisse son semi-automatique et éclate de rire, rapidement suivi par ceux qui nous font face. J’ai comme l’impression de me trouver bête à pointer mon arme dans le vide sous les éclats de rire. L’aîné du groupe sort de l’ombre pour prendre son compagnon dans les bras. Ils s’échangent quelques claques dans le dos, bien content d’être en vie.

- Que s’est-il passé ? demande Khenzo.

L’homme qui doit approcher la cinquantaine d’années fronce les sourcils et se gratte la tête. Les autres membres du groupe s’avancent un peu en me jetant des regards peu amicaux.

- Alors que nous revenions sur nos pas nous avons été surpris par une patrouille du PPNG. Là où ils sont ils n’emmerderont plus personne, rassure-toi. Par contre Camélia s’est pris une balle dans l’épaule et je n’ai rien pour l’extraire. Si elle continue à perdre autant de sang j’ai peur qu’elle ne s’en sorte pas avant qu’on atteigne la cité.

Jusque là j’étais restée à distance. Mais à ces mots je m’approche de Khenzo.

- J’ai de quoi assurer les premiers soins pour votre blessée.

L’aîné du groupe se tourne vers moi et m’attrape par le col de mon manteau. Son visage est à quelques centimètres du mien.

- T’es qui toi ?! siffle-t-il.
- Moi c’est Xalyah.

Ma voix est froide. Cet homme ne m’impressionne pas malgré ses airs de méchant garçon. Des types comme lui j’en ai croisé des tas. Il finit par me lâcher pour me tourner autour.

- C’était bien toi dans la banque ?
- Tim arrête, t’es ridicule là. On a plus urgent à faire.
- Ta gueule. On ne sait pas qui est cette gonzesse.

La moutarde me monte un peu au nez. J’en ai ma claque qu’on me manque de respect. C’est déjà la deuxième fois en moins d’une heure.

- Oui, c'était moi.

Je réajuste le col de mon manteau et fourre mes mains dans les poches.

- Que veux-tu ?
- Rien, j'étais juste curieuse de savoir de qui vous dépendiez.
- Nous ne dépendons de personne. Nous n'agissons pour personne. Nous...
- Oui j’avais remarqué.

Apparemment il n'a pas aimé la manière dont je l'ai coupé. Il me pousse contre le mur du hangar pour me dominer de toute sa taille.

- Quel âge as-tu ? Vingt-cinq ? Trente ans tout au plus ? Tu ne m’impressionnes pas. J'en ai au moins vingt de plus que toi et je ne ferai qu'une bouchée de ta petite personne.
- Des menaces ?
- Bon, Tim, arrête maintenant ! Khenzo l’attrape par le bras et le force à reculer. Je t'ai dit que t'étais ridicule. Elle m’a aidé face à l’autre patrouille du PPNG en en tuant plus de la moitié. Alors maintenant arrête ton cinéma et laisse-la aider Camélia. On a suffisamment d’ennemis comme ça, pas la peine d’aller s’en créer d’autres.
- Comment peux-tu être sûr qu’elle ne représente pas un danger pour nous tous ?
- Tu parierais la vie de Camélia là-dessus ?

Tim pousse un grognement de mécontentement et tourne le dos à son interlocuteur.

- Ha ! D’accord. Qu’elle aille s’occuper de Camélia. Mais je ne te lâcherai pas d’un pouce, rajoute-t-il en dardant son regard sur moi. Un pas de travers et ta vie sera réduite à néant.

Au moins ça a le mérite d’être clair.

Un petit speed fait à la va-vite et dont je ne suis pas particulière fière (pas mal d'erreur d'anatomie et de proportion). Mais... il me fallait un p'tit quelque chose pour illustrer la suite des aventures de notre Xalyah. Promis, la prochaine fois je prendrai mon temps pour mieux dessiner !
Je suis également sur un projet d'illustration beaucoup plus conséquent et qui me demande pas mal de temps... affaire à suivre donc.

samedi 19 juin 2010

Du temps de Néron



On passe sa vie à se poser des questions. De bonnes questions. De mauvaises questions. Des questions qui en sont, et d'autres qui n'en sont pas.
Si Lysiah avait vécu à l'époque de Néron qu'aurait-elle été ?
Aurait-elle joué le rôle de la mère protectrice, envahissante, meurtrière ? Aurait-elle donné sa vie pour placer son fils sur le trône ?
Aurait-elle joué le rôle de l'épouse et sœur adoptive ? Se serait-elle pliée aux règles de la haute société à en mourir ?
Aurait-elle joué le rôle de la belle-mère comploteuse ? Aurait-elle ourdi des meurtres en secret et échoué pour mourir plus tard ?
Où se trouve la place de la vérité, de l'honnêteté et de la raison dans un monde d'une telle démesure ? Sûrement pas dans les livres d'Histoire. Tacite et Suétone avaient leur propre enjeux, leur propre implication dans l'Histoire. Comment être objectif ? Comment être impartial ? Ceux qui sont coupables pour les uns sont innocents pour les autres. C'est trop facile d'accuser à tord et à travers. Que sait-on vraiment de tout ça ? Caligula était-il vraiment le fou qui fait ramasser des coquillages à son armée parce que le "son est beau" ? Ou était-il un empereur à la main de fer qui maintient la discipline dans ses rangs, punissant les indisciplinés ? Néron était-il cet empereur fou qui chantait "La chute de Troie" devant les flammes ravageant Rome ? Où était-il un empereur soumis à la pression des complots et des assassinats de son entourage ? Comment démêler le vrai du faux sans se fourvoyer... vaste chantier.
Lysiah aurait probablement vogué en eaux troubles saisissant les opportunités pour survivre, saisissant les occasions pour vivre. La débauche de cette époque n'est peut-être pas si différente de la débauche de "notre" époque. L'hypothétique Lysiah de la Rome antique n'est peut-être pas si différente de la Lysiah actuelle. L'ère du numérique n'est-elle pas une débauche de luxe et de gadgets ? L'essence de la nature humaine réside dans ses excès. Les pires comme les meilleurs. Les merveilles sont les excès luxueux des fous. Pourtant on les admire. L'abîme dans lequel on plonge avec horreur est le même abîme que l'on observe avec fascination.
L'Homme est fasciné par ses propres excès. Lysiah est fascinée par ces propres forces et faiblesses qui signeront sa fin un jour ou l'autre, et ce dans n'importe quel univers.


Néron avait peut-être compris une chose que Lysiah ne peut pas et ne veut pas comprendre : on survit toujours au détriment d'un autre, qu'on le veuille ou non.


Une bible sur Néron... de quoi cogiter pendant des heures et des heures. Un enseignement de vie, de lutte de pouvoir, et d'ambition ! Une époque sombre et mystérieuse qui nous fait plonger dans un univers de velours et de venin...

vendredi 11 juin 2010

Lueur d'espoir - Episode 4

Un peu fatiguée après une nuit aussi courte, mon attention se relâche alors que mes pensées divaguent sur toutes les possibilités inimaginables. J’imagine que l’ennemi se fait passer pour des gens de la population locale afin de s’infiltrer à tous les niveaux. Si Macrélois tient tant que ça à reprendre le contrôle de la France et de ses frontières, c’est ce qu’il aurait de mieux à faire. Il pourrait répandre des rumeurs, camoufler les bévues et inventer des faits qui pousseraient les gens à se rallier à lui sans résister. Et d’après ce que j’avais pu apercevoir, la bonne parole serait bientôt prêchée par des âmes innocentes et juvéniles. Si seulement…
Ruminant ces idées pas très gaies, je pose mon menton sur la paume de mes mains et lâche un soupir. La petite pierre, sagement disposée à coté de ma mitraillette, n’attendait que de se faire pousser d’un centimètre pour se faire gentiment la malle, dégringoler les deux étages en un bruit assourdissant et rouler de l’autre coté de la rue pour s’arrêter au pied d’une des femmes. J’en aurais rigolé si je ne savais ce que ça signifie. Déjà ça s’agite en bas, l’aîné criant une série d’ordre à chacun des membres du groupe.
Et c'est reparti. Décidément ce n'est pas mon jour... ou plutôt ma nuit. Comme la fois précédente je gagne le toit de l'immeuble. Plus tôt, j'avais repéré que je pouvais rejoindre un second immeuble par le toit en cas de pépin, et m'enfuir par là. Je jette tout de même un regard sur le détecteur de chaleur, j'ai l'impression qu'ils sont tous entrés dans le hall. Cela me facilitera les choses. Je traverse à nouveau les gravas dans l’autre sens et me hisse le long d’une échelle de secours rouillée qui tient encore par je ne sais quel miracle. Sur les décombres du toit j’escalade les murs à moitié effondrés pour atteindre une partie encore maintenue par des poutres en ferraille. Essoufflée, je reprends ma respiration. La nuit est encore bien noire, mais je sens de l’agitation un peu plus bas dans les ruines. Sans prendre le temps de regarder le détecteur de chaleur pour savoir exactement où sont situés les membres du groupe, je saute sur le toit voisin.
La cavalcade reprend. Je dois mettre le plus de distance possible entre eux et moi. Je traverse le toit en courant et en pestant contre ma connerie. Quelle idée j’ai eu ! La prochaine fois, c'est promis, je serais moins curieuse. Je saute d’étage en étage amortissant ma chute du mieux possible. Je traverse le hall pour gagner la rue. Coup d’œil à droite. Personne. Coup d’œil à gauche. Personne. Je me remets à courir. Moi qui n'aimais pas l'endurance, c'est devenu un de mes passe-temps les plus courants.
Après dix minutes de course intense je ralentis un peu le rythme. Mes poursuivants doivent sûrement avoir abandonné. Je relâche ma vigilance et reprends mon souffle. Même si j’en ai l’habitude, c’est toujours éprouvant. Après avoir réussi à calmer les battements de mon cœur je tends l’oreille. Je n’entends plus rien à par la torpeur d’une ville en ruine. Je n’ai plus rien à craindre. Ils ont sûrement rebroussé chemin, voyant que je ne cherchais pas à les affronter. Je range enfin correctement mon sac et le boucle solidement. La mitraillette pend en bandoulière sur mon flanc droit. Je balance mon barda sur l’épaule et me remet en route le cœur plus léger. Finalement cette petite mésaventure se finit bien.
Enfin c’est ce que je croyais…
Alors que j’arrive à un croisement quelqu’un que je n’ai pas entendu arriver se jette sur moi. Avant même de comprendre quoi que ce soit je roule à terre et me rétabli sur mes pieds prête à partir. Mais l'individu, toujours au sol, m'attrape les jambes et me fait tomber. Je mors une seconde fois la poussière. Un coup de poing m'assomme à moitié. Mon sac et la mitraillette m’encombrant je m’en débarrasse pour parer un second coup de poing. Alors que l’homme arme à nouveau son poing je me dégage de son emprise et me relève promptement. Je lui lance un coup de pied dans les cotes qui lui coupe le souffle. Je ne ferais pas le poids face à lui. Il ne me reste qu’une seule solution. La fuite. Comme d’habitude. Dans la foulée j'attrape mon sac et en sors le détecteur pour m'assurer une issue. Après une centaine de mètres parcourus à toute allure, je m’aperçois que mon agresseur me poursuit. Et le pire c’est qu’il regagne du terrain. Il est coriace celui-là. Je ne sais toujours pas comment je vais me sortir de ce pétrin. Il n’y a pas d’autre chemin que cette ruelle étroite qui débouche dans cinq cent mètres sur un carrefour. Ce qui devait arriver arriva. Quelques mètres avant le carrefour l’homme m’attrape le bras et me projette contre le mur en m’attrapant à la gorge. Il me dépasse d’une bonne tête, et sa veste en cuir craque lorsqu’il me soulève du sol. Pour la première fois je croise son regard. Ses yeux noisette ne transpire ni cruauté, ni violence. Juste de la colère et un peu d’anxiété. Je lâche la sangle de mon sac pour attraper son poignet et soulager la pression de sa poigne sur ma gorge. Mes pieds sont à quelques centimètres du sol et je commence à manquer d’air. Je suis fichue.

- Qu’est-ce que tu nous veux ?! Pourquoi tu nous surveillais ? Tu es à la solde de qui ?

Il a le souffle court et rauque. Le coup que je lui ai donné dans les cotes continue de l’indisposer. Je tente de répondre mais ses doigts serrent de plus en plus ma gorge. Il donne un coup de poing dans le mur à quelques centimètres de mon visage.

- Répond !

Même si j’en ai envie je ne peux pas. Mes yeux quittent son regard pour balayer les environs. Quelque chose dans le paysage attire mon regard. Cette fois pas de doute c’est bien une patrouille du PPNG qui s’approche de nous. Paniquée je fais signe à l’homme qui me tient fermement de regarder derrière lui. Intrigué il jette un regard par-dessus son épaule. Son étreinte se ressert encore. Il se retourne lentement vers moi.

- Tu es avec eux ? murmure-t-il.

Je fais signe de la tête que non. Il regarde alors mes armes fixées à mes cuisses par des sangles. Ses yeux se plantent à nouveau dans les miens.

- Lorsqu’ils seront à vingt mètres tu prends les cinq qui sont à gauche et moi les cinq autres à droite. Compris ?!

Je fais signe de la tête que j’ai compris. Il me repose doucement au sol et relâche enfin ses doigts autour de mon cou. J’avale une bouffée d’air de travers manquant de m’étouffer. L’homme me fait les gros yeux.

- On aimerait bien en profiter aussi ! D’où tu la sors cette chienne ?! déclare l'un des soldats.
- A combien de mètres sont-ils ? murmure à nouveau l’homme.

Je me décale un peu pour apercevoir les dix hommes armés jusqu’aux dents qui se rapprochent de nous.

- Trente mètres.
- Tu es bonne tireuse ?
- Je me débrouille.
- Alors maintenant !

Tout en me jetant sur la droite je dégaine mes deux revolvers et tire sur les cinq hommes à droite. Toutes mes balles font mouche. Et avant même que l’un d’eux ne réagissent les dix hommes se retrouvent à terre. Trois d’entre eux font mine de bouger, je vise à nouveau et tire trois fois. Trois tirs parfaits qui achèvent les victimes. L’homme regarde les corps étendus trente mètres plus loin. puis lève un sourcil dans ma direction. La colère a disparu de ses yeux. Il me tend la main pour m’aider à me relever. Nous allons peut-être pouvoir repartir sur de bonnes bases. Si tant est qu’on puisse trouver la mort de dix hommes être une bonne base.

Voici donc le retour de Xalyah !
Il est de ces rencontres qui peuvent changer le cours des choses. C'est ce que l'on attend tous. Ces petits quelques choses qui font que notre vie prend un autre tournant, une autre dimension.