samedi 20 mars 2010

Lueur d'espoir - Episode 3


Le sentier de terre s'est changé en route de béton parsemée de gravas, les arbres en ruines, et le chant des oiseaux en silence de mort. J'essaie de faire attention où je pose les pieds pour ne pas faire trop de bruit. « En terrain inconnu on est jamais trop prudent... », mon père me le répétait souvent. Aujourd'hui c’est malheureusement plus que vrai.
Je sors le détecteur de chaleur de ma sacoche et l'active. J'ai eu ce petit bijou par l'intermédiaire d'un groupe armé avec qui je suis restée près de deux semaines. J'ai tout de même dû débourser trois cents euros pour qu'ils veuillent bien me le céder. Il permet de détecter toute forme de chaleur à dix kilomètres à la ronde et si possible d'en identifier la source. J'ai pu aussi acquérir un logiciel qui permet à cet engin de m'indiquer si la source de chaleur représente un danger potentiel. Un point rouge lumineux représentant une présence humaine se met alors à clignoter si cette personne est armée. Pour l'instant il n'y a que des points gris, qui indiquent la présence d'insectes, d'oiseaux et de rongeurs d'un certain gabarit. Pas de quoi s'affoler. Il n'y a pas une âme humaine à l'horizon. Je vais enfin pouvoir dormir et reprendre des forces, je ne l'aurais pas volé ce repos !
En passant à coté d'une laverie je récupère des vieux draps moisis par le temps. Les rues sont belles et bien désertes. Je déambule entre les ruines d'immeubles et de grande maison. Mon choix finit par se porter sur une grande maison familiale à l'architecture ancienne. Ce devait être une maison de trois ou quatre étages à l'origine, mais il ne reste plus que les vestiges du premier étage encombré par l'effondrement des étages supérieur. Au rez-de-chaussée, la partie arrière où devait probablement se trouver la cuisine et la salle de réception est effondrée. Seul le salon est encore à l'abri du vent et de la pluie. Je tire le vieux fauteuil en cuir à moitié éventré qui traine dans un coin de la pièce devant l'imposante cheminée. Les draps me serviront à allumer un feu qui me réchauffera l'espace d'une heure ou deux. C'est peu, mais ce sera suffisant pour cette nuit.
Avant de m'endormir j'hésite à laisser le détecteur allumé. Finalement je préfère miser sur la chance et économiser ainsi le peu de piles qu'il me reste. Enroulée dans mon manteau je laisse mon esprit vagabonder où bon lui semble. La journée a été dure mais j'ai connu pire. Le bruit des flammes me berce et peu à peu je sombre dans le pays des rêves, où tout est permis, même d'espérer un meilleur futur.

Je me réveille en sursaut, tous les sens en alerte. L'aube est encore loin devant moi mais il y a quelque chose dans l'air qui ne me plait pas. Sans attendre j'empoigne mon sac, mets ma mitraillette en bandoulière et quitte les lieux rapidement, le détecteur de chaleur à la main. C'est bien ce que je pensais. Une douzaine d'hommes patrouillent dans le secteur. Je ne sais pas d'où ils sortent, mais dans le doute je préfère me tenir à distance et rester dans l'ombre, d'autant plus que les points rouge viennent de se mettre à clignoter à tout va. Il faut toujours un laps de temps avant que le détecteur de chaleur n'enregistre toutes les données.
Pendant plus d'une heure ils ont circulé dans les rues de la ville, j'ai comme l'impression qu'ils vérifient les lieux ou qu'ils recherchent quelque chose... ou bien quelqu'un. Tout ce temps je suis restée dans un placard à jouets en espérant qu'ils n'aient pas, comme moi, un détecteur de chaleur. Apparemment ce n'est pas le cas car à présent ils sont tous réunis au même endroit et ne semblent plus avoir l'intention de bouger.
Pour la deuxième fois de la nuit j'hésite. Est-ce que je vais voir de plus près ? Ou bien je passe mon chemin le plus vite possible ? La curiosité l'emporte sur la prudence. Ce n'est pas raisonnable, je sais, mais tant pis, je vais quand même aller jeter un coup d'œil sur ce groupe. Grâce à mon mémo et au plan de la ville qu'il possède, je repère la disposition des lieux. La carte m'indique qu'une ancienne banque surplombe l'endroit où ils sont. C'est donc par là que je vais passer. Prenant garde de ne pas faire de bruit et de tenir mes distances je passe par l'arrière du bâtiment. Je traverse les salles une à une sur la pointe des pieds. Il reste des machines à moitié cassées sous les décombres. Le plafond et les murs ne semblent être retenus par rien et n'attendre qu'une chose : me tomber dessus. Tout est sale, vide, et noir. L'abandon des lieux donne à cette banque un air sinistre. Des graffitis recouvrent les parois de la cage d'escalier. On peut y lire toutes sortes d'insultes grossières, de revendications politiques, de noms, de dates. C'est la représentation exacte du pays. Des morceaux d'idées, d'envies, d'actes, mais rien de cohérent, juste une impression de désordre.
Au deuxième étage je passe par dessus les gravas pour gagner les fenêtres ouest qui donnent sur la rue. De là je devrais pouvoir apercevoir le camp du groupe qui a sillonné toute la ville. Je m'allonge sur le sol et sors mes jumelles. Ils sont quinze. Parmi eux, deux femmes qui doivent approcher la trentaine d'années. Les hommes, quant à eux sont de tout âge, le plus jeune semble avoir une quinzaine d'année, et le plus vieux, lui, frise la cinquantaine. J'essaie de repérer un sigle ou un insigne particulier qui me permettrait de les reconnaître mais je ne vois rien. Tout ce que je peux constater c'est que le plus vieux est le chef du groupe, du moins il doit sûrement en prendre le commandement dans les situations difficiles, car sinon la discipline n'a pas l'air d'être leur règle en or. Ils sont tous là en train de plaisanter, ou de se chamailler. J'en déduis donc qu'ils ne font pas partis du PPNG. Non, eux sont trop à cheval sur les principes, la discipline et l'ordre, et surtout, je n'ai encore jamais vu de femme dans leur rang. Ils les asservissent comme de vulgaires esclaves, prêtent à être engrossées ou à faire toutes les tâches répugnantes qui ne sont pas dignes des hommes. Ils ne doivent pas non plus dépendre de l'OPPI, car je n'ai pas vu le sigle du baril de pétrole et de sabre à leur ceinture qui les caractérise. Et comme cette région est aux mains de ces deux seuls partis, qui peuvent-ils bien être armés de la sorte ?

Lexique :
PPNG : Parti Politique de la Nouvelle Génération

OPPI : Organisation Politique Pétrolière Internationale


Voici la suite des aventures de Xalyah, celles de Lysiah n'étant pas très intéressante ces derniers temps. Tout ce que je peux dire c'est qu'un game concept se profil doucement sur ce scénario.

samedi 13 mars 2010

Un petit rien

Un petit speed histoire de... parce que j'ai pas grand chose à dire. Je le retravaillerai sûrement plus tard, il faut bien commencer quelque part.

vendredi 19 février 2010

Lueur d'espoir - Episode 2

--------- Phase 1 : un dessin


--------- Phase 2 : refaire la line sur toshop

--------- Phase 3 : choisir les couleurs

--------- Phase 4 : faire les volumes, les ombres et les lumières

--------- Phase 5 : peaufiner la couleur


Le vieil homme m'avait dit que leur destination immédiate était Nantes, et que de là-bas ils comptaient quitter le pays pour gagner un lieu plus sûr. Le pauvre homme n'eut pas le temps de me dire quel était ce lieu - bien que j'ai ma petite idée sur la question, la balle qu'il avait reçue en pleine poitrine avait achevé son travail. Comme pour les autres je lui ai creusé une tombe, puis dans un bloc de béton qui traînait à coté j'ai gravé un signe composé de quatre cercles imbriqués les uns dans les autres. Lui aussi je le vengerai, comme tant d'autres... trop à mon goût.

Le soleil s'est couché depuis une heure et d'après la carte de mon mémo, la prochaine ville est à dix kilomètres droit devant moi. Je remonte le col de mon manteau et sors des mitaines de mon sac. L'hiver approche et je ne sais toujours pas comment je vais pouvoir recharger mes réserves de nourritures et de munitions. Avec ce qu'il me reste j'en ai encore pour une semaine tout au plus.
Du bruit me fait sursauter. Je mets mes lunettes à vision nocturne... rien. C'est derrière moi maintenant. Je tourne la tête brusquement et jette un couteau en direction du bruit. Un raton laveur sort à toute vitesse des fourrés en couinant. Je crois que j'ai eu aussi peur que lui.
En rangeant mon couteau dans ma botte je marmonne quelques obscénités à l'encontre de l'animal qui est déjà bien loin du danger. Finalement, je me remets en route le cœur plus léger, me trouvant un peu idiote de parler toute seule dans l'obscurité de la nuit. Du champ abandonné où je suis je peux enfin apercevoir les vestiges de la ville. De grandes carcasses de bétons et de métal dressées vers les cieux et criant la misère de leur histoire.



Le pays n'est plus ce qu'il était, ou plutôt dois-je dire le monde. Car d'après les dernières informations que j'ai reçues de l'extérieur, la planète bleue est un beau chaos. Il y a deux ans, une troisième guerre mondiale éclata. L'origine vient - officiellement - des tensions qui montaient ces derniers temps entre les États-Unis et l'Europe. Officieusement c'est différent, et tout le monde le sait. Les enjeux politiques se sont tellement complexifiés que même les îles perdues en plein océan Pacifique ont été mêlé à ce conflit. Au lieu d'une guerre bien rangée entre deux camps distincts, la Terre a connu un beau bordel. Les État Majors n'ont rien contrôlé, les bombes nucléaires ont tout ravagé la fameuse nuit de la Folie, et les guérillas ont commencé. Chacun pour sa pomme, que le meilleur gagne. Bref, aujourd'hui c'est la loi du plus fort qui règne partout... ou presque. On dit que l'Australie est le seul pays qui survit à cette guerre. Le ciel est protégé par toute une élite d'avion de chasse, de jour comme de nuit. La mer, quand à elle, est quadrillée par une flotte qui n'a jamais connu d'équivalent jusqu'à aujourd'hui. Ce pays est devenu l'objectif de toute une espèce : les Hommes.
Le Président disait les français invincibles comme les irrésistibles gaulois - encore une de ses tirades ridicules qui n'ont cessé de ponctuer son mandat depuis le début. Cette fois il s'est fourré le doigt bien profond dans l'œil, jusqu'au coude même. De toute manière il n'est plus de ce monde pour contempler son erreur.


Chose promise, chose faite. Voici la suite directe des aventures de Xalyah, avec en prime une illustration en 5 phases. Faut bien s'occuper avec un genou qui part en cacahuète, alors autant s'occuper de manière utile. La série de crasse ne s'étant pas décidé à s'arrêter, se replonger dans ce récit me permet de relativiser, parce qu'elle, elle en bave vraiment. Et quand je dis "vraiment", c'est "vraiment, vraiment".

samedi 13 février 2010

Tor Effea’al - Valya

Valya :

Race : Varine
Âge : 17 ans
Taille : 1m46
Poids : 40kg

Ascendance : Fille de Malya, chef des armées des Varins et frère du Roi Avalim.
Caractère : Indépendante, pleine d’enthousiasme, courageuse.
Particularité : Maladroite.
Son rêve : Explorer tout Tor Effea’al.

Background :
Issue de la famille royale, Valya n’a jamais été dans le besoin. Comme la coutume l’exige, dès l’âge de 5 ans elle est initiée au maniement des armes, aux lettres et à l’apprentissage du don des Varins (passer à travers toutes les surfaces).
Intelligente mais terriblement maladroite, elle est rapidement écartée de la cours pour vivre chez une cousine éloignée de la Reine. Elle reste cependant très proche de son cousin Leovyl, prince héritier du Roi, qui a beaucoup d’affection pour elle et complète son apprentissage royal en secret. L’assassinat de ce dernier cause un immense chagrin à Valya, qui en cherchant à comprendre ce qu’il s’est passé, va surprendre une conversation entre le Premier Conseiller du Roi et un autre cousin de Leovyl.


Un petit aperçu d'un projet scolaire que j'affectionne tout particulièrement et un grand merci à Kalumis grâce à qui j'ai pu faire quelques progrès en dessin et colorisation ces derniers temps.
On s'occupe comme on peut avec une jambe immobilisée :/

mercredi 6 janvier 2010

Rencontre avec la Mort


Il y a quelques jours j’avais un rendez-vous très spécial. Rien que d’y repenser…


C’était un après-midi glacial d’hiver. Le ciel était dégagé et l’air sec semblait vouloir geler mes poumons. Cette rage qui montait en moi depuis quelque temps et menaçait d’imploser trouvait pour la première fois un écho. J’avais la sensation d’être suivi, comme si j’allais avoir l’occasion de déverser ce que je retenais en moi. Cette sensation me procurait à la fois de l’impatience et en même temps de l’inquiétude. Je traversais la voie en courant, sautant sur le trottoir d’en face entre deux passants. L’un deux maugréa en s’écartant vivement.


Il y avait de la vie autour de moi, pourtant le temps semblait avancer au ralenti. Je me voyais en train de tourner dans une petite rue piétonne pavée et jalonnée de commerces en tout genre. Les gens continuaient leur petit bonhomme de chemin tandis que je m’arrêtais. Un nuage blanc se forma à la sortie de ma bouche et se figea dans les airs. Je sentis mon corps tomber à la renverse mais pas de choc. Je me retournais stupéfaite. Mon corps était bien là allongé sur le sol, mais ma conscience était dans un autre corps. Je portais mes autres mains devant mes yeux. Elles étaient pâles mais elles ressemblaient bien aux miennes. Je baissais les yeux sur mon ventre, mes jambes et mes pieds. Je portais un accoutrement étrange fait de cuir noir et de lin rouge écru. Les hauts de chausses étaient retenus par des lacets, et l’étoffe accrochée à ma taille touchait pratiquement le sol. J’avais juste le strict minimum pour cacher ma nudité et pourtant je n’avais pas froid. Soudain une douleur aiguë aux omoplates me fit sursauter. Presque aussitôt des ailes d’une blancheur cadavérique se déployèrent dans mon dos.


C’est à ce moment-là qu’une ombre aussi noire que l’ébène tournoya au-dessus de ma tête pour s’arrêter quelques mètres plus loin dans la rue. Une silhouette grande d’environ deux mètres se matérialisa dans un grand manteau noir, la capuche rabattue sur le visage. Une faux apparu dans ses mains décharnées, entourée d’une noirceur vaporeuse.


- Je crois que tes vœux ont été exaucés, n’est-ce pas ?
La voix semblait sortir de nulle part. Elle était devant et derrière, autour et à l’intérieur de moi. Je frissonnai.
- Je ne comprends pas, répondis-je en essayant de ne pas trembler.
La silhouette s’arqua en un rire démoniaque assourdissant.
- Il n’y a rien à comprendre. Pour une fois que quelqu’un souhaite ardemment se retrouver en face de moi, je ne vais pas me faire prier.


Sur ces paroles, Elle fonça droit sur moi, la faux levée au-dessus de sa tête. Dans un réflexe de survie je me jetais sur le coté et l’évitai de justesse. A demi accroupie, en l’attente d’une autre attaque, un bâton sorti de je-ne-sais-où atterrit dans mes mains. Je me sentais emplie d’une force que je ne connaissais pas, et prête à riposter s’il le fallait. Je n’attendis pas longtemps pour avoir ma première occasion. La Grande Faucheuse attaqua de nouveau de front en misant tout sur la vitesse et la force de son coup. Je l’évitai agilement et abattais le bâton sur son épaule. Elle tituba quelques secondes déstabilisée par ma contre-attaque.


- Tu crois pouvoir faire le poids.
Ce n’était pas une question. La Grande Faucheuse était énervée et ça sentait mauvais pour moi. Les coups venaient de toute part et je ne réussis pas à tous les éviter. Je me servais de mes ailes nouvellement acquises pour prendre de la hauteur et reprendre mes esprits. Alors comme ça Elle pensait m’avoir aujourd’hui. Elle attaqua de nouveau et réussit à me prendre à la gorge.


- N’avais-tu pas souhaité cette rencontre ?
Cette voix si terrifiante n’avait plus aucun effet sur moi. Je marmonnais vaguement quelque chose et assenait un violent coup de genou à l’endroit où aurait dû se trouver son estomac. Surprise, Elle me lâcha et je lui assenai une série de coup que je ne retins pas. J’avais ma revanche sur Elle. Tout le mal qu’Elle avait fait subir à ma famille je lui rendis au centuple. Dans mes mains le bâton devint une arme redoutable et j’exécutais des enchainements que je ne m’aurais jamais cru capable de faire. La Grande Faucheuse perdit de sa superbe et essayait d’éviter les foudres de ma rage sans arriver à rendre les coups. Elle ne méritait aucun égard. Elle avait trop pris d’un seul coup, sans donner d’explication et de raison. Si elle devait m’emporter avec Elle je comptais bien lui rendre la tâche aussi ardue que possible. C’était la moindre des choses que je pouvais faire pour les miens. Si Elle devait perdre des plumes dans la bataille personne n’irait s’en plaindre. Repenser au malheur qu’Elle avait engendré me donna la force suffisante pour lui assener le coup de grâce. Le souffle court, dans une posture plus qu’inconfortable la Grande Faucheuse faisait pâle figure.


- Sache que je reviendrai. Et cette fois…
Sur ces mots lourds de terribles promesses Elle s’évapora pour me laisser pantelante au milieu d’une rue de Paris.


Le ciel était clair et la vie reprit peu à peu autour de moi.
Le corps qui abritait mon esprit s’effritait et je rejoignis mon vrai corps. C’est là que je me rendis compte que j’avais arrêté de respirer depuis un long moment. L’air s’engouffra à toute allure dans ma gorge pour gagner mes poumons, manquant de m’étouffer. J’ouvris les yeux et m’aperçu de toute l’agitation que j’avais provoqué dans la rue. Un camion de secours s’était engagé dans la rue piétonne, et un attroupement de badauds s’était formé autour de moi. Un pompier me maintenait par les épaules tandis qu’un autre avait un masque à oxygène dans les mains. Tous deux me regardaient d’un œil perplexe.


- Vous allez bien mademoiselle ?
Je pris un moment avant de répondre pour être sûre que ma voix ne faillerait pas.
- J’avais rendez-vous avec la Mort et ça ne s’est pas exactement passé comme Elle l’aurait souhaité.


Pour tous ceux qui nous ont quittés trop tôt et qui vont beaucoup nous manquer.

dimanche 13 décembre 2009

Sometimes, we dream... - Episode 2


Alors qu'elle ramenait de l'eau puisée sur la place centrale, elle sentit les regards haineux se poser sur sa nuque.
Malgré les années qui s'étaient écoulées depuis son arrivée dans le village, l'attitude des villageois à son égard n'avait jamais changée. Elle faisait partie de ceux qu'on appelait les "rejetons". Venus de nul part ils étaient réputés pour être dotés de facultés particulières. Si la majorité d'entre eux communiquaient avec les animaux comme avec les humains, certains possédaient des capacités encore plus effrayantes aux yeux des gens "normaux". Elle avait entendu parler de rejetons qui étaient capables de voir dans l'avenir, de guérir les maladies par miracle, ou encore, mais beaucoup plus rare, de maîtriser une infime partie de la magie des Dieux. Ceux-là étaient la cible de véritables chasses à l'homme qui se terminaient en pendaison haute et courte devant une assemblée hystérique.
Heureusement pour elle, elle faisait partie des rejetons inoffensifs qui pouvaient comprendre le langage animal. De ce fait, la population de ce village la tolérait, même s'ils lui montraient ouvertement leur mépris pour les gens de son espèce. Et elle avait fini par s'y habituer.


Elle se dirigea vers le sud du village, là où se situait le quartier le plus miteux et qui était également le seul endroit où elle avait trouvé un toit pour se loger. Pour gagner un peu sa vie, elle offrait un abris et un repas chaud pour les gens du voyage, qui n'avaient pas les moyens de passer une nuit dans la seule autre auberge du village qui pratiquait des prix exorbitants.
Le bâton auquel elle avait attaché deux seaux d'eau remplis à ras bord pesait lourd sur ses épaules. Elle croisa la patrouille qui surveillait cette section du village et effectuait sa ronde habituelle. Elle ignora le jeune soldat qui continuait de la fixer. Ce n'était pas la première fois que quelqu'un la regardait comme ça, et ce ne serait sûrement pas la dernière.
Elle s'engagea dans une petite ruelle qui lui raccourcirait le chemin jusque chez elle. Perdue dans ses pensées, elle sursauta en entendant un raclement de gorge dans son dos. En se retournant elle vit que deux gamins occupaient la largeur de la ruelle, un bâton à la main frappant la pierre d'un air menaçant. Ces gamins se prenaient pour les terreurs du quartier, et s'amusaient à effrayer les plus jeunes, allant jusqu'à en frapper plus d'un pour les voler. Tout le monde le savait, mais personne ne faisait rien. Elle les ignora et continua sa route pour déboucher sur une mini place. Sa modeste demeure se trouvait de l'autre coté dans un renfoncement de la place, une baraque en bois coincée entre deux bâtisses à moitié délabrées.
C'est là que les deux gamins décidèrent de passer à l'action. Ils l'attrapèrent par les épaules et la firent chuter en arrière.


- Alors sale rejetone ! Qu'est-ce que tu as sur toi qui pourrait nous intéresser ?!


Ils commencèrent à la fouiller sans aucun ménagement. Encore étourdit par la chute, elle reprit ses esprits et balança son pied droit dans le nez d'un des gamins qui craqua sinistrement. Il hurla de douleur et porta ses deux mains au visage pour enrayer le sang qui giclait.


- Fracasse-lui la tête Veress ! T'as vu ce qu'elle m'a fait !


Le plus grand et plus costaud des deux reprit son bâton et le leva au-dessus de sa tête pour l'abattre férocement dans les côtes de la jeune femme. Elle en eut le souffle coupé.


"Elyss... j'ai besoin de toi..." lança-t-elle intérieurement aussi fort que possible.
"Que se passe-t-il ?"
"J'ai besoin de toi... deux gamins..."
"Je suis loin, tiendras-tu le temps que j'arrive ?"
"Oui, mais fait vite !"
"Accroche toi petite humaine."


La rejetone encaissa deux autres coups sans arriver à reprendre son souffle. Elle entendit un bruit de course dans la ruelle d'où elle était arrivée et des éclats de voix. Les deux gamins lui balancèrent encore quelques coups de pieds avant de détaler comme des lapins. Un soldat venait de mettre en déroute les deux terreurs. Elle s'adossa au mur pour reprendre ses esprits. Le soldat ramassa les affaires de la jeune femme et s'approcha d'elle. Quand il voulut lui tendre la main pour la relever elle fit un geste brusque de refus et se remit sur pied seule. Elle épousseta sa tunique bleue et resserra le lacet au niveau de sa poitrine avant de réajuster ses hauts de chausse. Alors que le soldat lui tendait ses affaires un loup surgit de nulle part pour se mettre entre lui et la jeune femme. Babines retroussés il grognait sauvagement en direction du jeune homme. C'est là qu'elle s'aperçut que c'était celui qui la regardait depuis ce matin. Il commençait à lui taper sur les nerfs.
Elle calma le loup en lui posant une main sur la tête et reprit ses affaires en évitant soigneusement de toucher le soldat.


- Si tu tiens à ta promotions soldat, tu devrais éviter de te préoccuper du sort d'une rejetone, déclara-t-elle avant de tourner le dos.


Ses cheveux, retenus en deux nattes qui partaient de ses tempes pour se rejoindre au niveau de sa nuque volèrent quelques instants dans les airs avant de retomber sur ses reins.
C'était la première fois qu'il entendait le terme "rejetone", et même s'il avait l'impression que ça sonnait de mauvais augure, qu'est-ce que ça pouvait lui faire qu'elle en soit une ou non. Il ne faisait que son devoir de soldat.


- Quel est ton prénom ? lança-t-il à tout hasard, se fichant éperdument des regards inquiets des villageois qui volaient du jeune soldat à la rejetone.


Le loup qui l'escortait s'arrêta et se retourna en même temps qu'elle pour se mettre en position défensive. Levant un sourcil interrogateur elle se fendit d'un sourire espiègle et répondit.


- Louve. Je m'appelle Louve.

vendredi 27 novembre 2009

Pep's


"Croire en qui, en quoi et pourquoi ? Un peu de pep's pour la suite des aventures..."

dimanche 15 novembre 2009

Sometimes, we dream... - Episode 1


Le vent soufflait un air tiède sur sa nuque. Le chant des oiseaux s'élevait au-dessus de sa tête et retentissait plein d'espoir dans la plaine. Au loin, les cloches des vaches que l'on rentrait dans les enclos résonnaient au milieu des aboiements des chiens de bergers. Si on fermait les yeux, la vie semblait, somme toute, paisible. Semblait seulement.
En ouvrant les yeux, elle ne pouvait éviter de poser son regard sur les patrouilles de soldats postées à chaque coin de rue. Une ombre dans ce tableau merveilleux, qui annonçait un malheur proche. La présence de la garnison royale présageait toujours un massacre sans nom à venir. Et pourtant tous les villageois continuaient leurs activités. Que pouvaient-ils faire d'autre ? Fuir ? Pour aller où ? D'un coté la misère de la capitale les attendait, de l'autre l'ennemi enfonçait peu à peu les frontières, rasant tout sur son passage.
Elle savait que son heure arriverait bientôt, et même le sourire compatissant du jeune soldat qui ne l'avait pas quitté pas des yeux depuis de longues heures n'y changerait rien.

Peut-on vraiment contrôler son destin ?

dimanche 8 novembre 2009

Pensée absurde

Une fois lancée, point de répit. Tenir sa position, absolument.
De l'imaginaire naissent des images, des sensations, des pulsions. De l'imaginaire nait le rêve. Mais quel rêve ? Celui d'un autre monde, d'une autre Lysiah, d'une autre histoire ? Sans aucun doute. Est-ce raisonnable ? Bien sûr que non. Alors il faut continuer de rêver, car le rêve alimente la réalité, le rêve, lui, n'est pas raisonnable, et surtout on ne le lui demande pas.


Le rêve des Hommes peut mener très loin. Comme le rêve de Napoléon ou encore celui d'Alexandre Legrand (pour n'en citer que les plus connus) fut de repousser les frontières de leur territoire, d'aller vers l'inconnu pour conquérir et s'imposer en maître. Quand le rêve frise la folie on est proche de la décadence. Toutes les grandes civilisations sont mortes. Une par une. Les Mayas, les Byzantins, les Romains, les Grecques, Les Royautés, ..., et aujourd'hui la démocratie ? Aucun doute, la fin est proche voire même déjà arrivée. Le glas a sonné depuis lors que la séparation des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire n'existe plus. Une démocratie "royautique", voilà ce que devient notre civilisation. Une fausse démocratie rassemblée autour d'un seul homme. Mais les règnes se finissent toujours. Et qu'est-ce qui succèdera à ce régime despotique ? Je dirais que c'est à nous d'en décider. De laisser les Hommes de pouvoir agir, ou bien d'agir nous même, dans l'intérêt de tous et pas d'une classe minoritaire, riche, arrogante, et si j'ose dire puante au possible. Qu'est-ce qui prendra la place d'une société mercantile où la futilité de certains passe avant la nécessité des autres.
Des pensées absurdes, dans un monde absurde... quoi de plus logiquement absurde ?

vendredi 6 novembre 2009

Lueur d'espoir - Episode 1


* Prologue *


Nous sommes en 2107. Déjà deux ans maintenant que le monde est plongé dans le chaos. Tout a commencé le 15 juillet 2105 lorsque tous les présidents des démocraties reconnues de ce monde furent assassinés. Le lendemain, des centaines de bombes nucléaires ravagèrent la surface de la terre, laissant des crevasses pleines de cadavres. Les retombées de cette catastrophe ne se firent pas attendre. Désormais l’Organisation Politique Pétrolière Internationale, le Groupement de l’Amérique Nord et l’Amérique Sud, le Parti Politique de la Nouvelle Génération, la Santé Sans Frontière pour l’Afrique, et la Technologie Universelle pour le Développement de l’Homme, s’affrontent dans une guérilla mondiale pour avoir la main mise sur tous les marchés et toute la population.
Ce que je raconte n’est pas un rêve, c’est la réalité, ma réalité. Mon histoire ne fait que commencer.


* Livre I *


Je cours. Les ruines défilent à toute vitesse. Je saute par-dessus un tas de ferraille. Je me remets à courir. Une ruelle se présente à ma droite : je la prends. Je cours toujours. Je peux les entendre derrière moi. La dernière fois ils étaient moins coriaces. Ceux-là n'ont pas l'air de vouloir me lâcher. J'arrive à un croisement et m'arrête essoufflée. Depuis une demi-heure que la chasse à l'homme a commencé, je cours à pleins poumons. Il me reste encore des forces mais je sais que je ne pourrais pas éternellement continuer à ce rythme.
- Elle est là !
Et merde ! Je me suis trop attardée. Je prends la rue d'en face et entre dans le premier bâtiment de droite. Je saute par dessus les gravas et me dirige vers l'escalier principal. A peine arrivée au deuxième étage mes poursuivants sont déjà dans le hall. Je jette un coup d'oeil au dessus des portes de l'ascenseur : quinze étages. Il ne m'en reste plus que treize. Je gravis les marches quatre à quatre sans un regard derrière moi. J'aimerais pouvoir me débarrassé de ma mitraillette et de mon sac pour aller plus vite, mais c'est ma seule survie, et j'ai bien failli y laisser ma peau pour avoir cette arme.
J'arrive enfin sur le toit de l'immeuble. Je regarde autour de moi. Il me reste quelques secondes pour pouvoir me sortir de ce merdier. J'aperçois un poteau électrique, en fer poli haut de quarante mètres, au milieu de la rue. Avec un peu d'élan je peux peut-être réussir à l'attraper. De toute façon c'est ça ou je me fais descendre. Je recule le plus possible, prends une dernière bouffée d'oxygène et m'élance. Au moment où mes pieds quittent le sol, les hommes envahissent le toit. Le choc avec le poteau électrique fait trembler mes os. Je m'agrippe fermement et contracte mes muscles à en attraper des crampes. Des salves de mitraillettes suivent ma descente. Quelques secondes plus tard je me remets à courir et m'éloigne de cet endroit.
Cette fois je les ai bel et bien semés. Par contre pas question de m'attarder ici, ils seraient capables de passer la ville au peigne fin pour me retrouver.


Et je vous présente une nouvelle héroïne dont l'histoire est déjà bien avancée sur le plan manuscrit, même si je ne suis pas encore arrivée à la fin du livre 1. Ce projet est en standby pour l'instant, car je ne peux être partout à la fois, même si l'idée de pouvoir me démultiplier me plairait plutôt bien ! J'espère que ça vous plaira et que ça vous donnera envie d'en savoir plus. Si c'est le cas je m'attellerai à dévoiler la suite avec quelques illustrations.
Une grosse pensée pour mes proches...

mercredi 4 novembre 2009

Fight

Batailler, encore et encore. Oublier les douleurs des combats menés. Oublier les humiliations des défaites. Aujourd'hui c'est l'heure de la renaissance.
Lysiah est anonyme, et le sang coulera sur les champs de bataille tant que son but ne sera pas atteint. Elle portera l'étendard Tourment quoi qu'il advienne, pour le pire mais surtout pour le meilleur, car nous ne sommes rien tout seul.


Un essai de colo à l'aquarelle sur un fond retouché. Sceptique, mais je ne baisse pas les bras de faire quelque chose de bien dans quelque temps.
Une lueur d'espoir se profile à l'horizon, il faut s'y accrocher et continuer à espérer. Toujours.

dimanche 25 octobre 2009

In my mind

Parfois on aimerait trouver les mots juste tout de suite. Parfois on aimerait savoir à l'avance comment les choses se dérouleront. Oui mais... On m'a appris qu'il y avait toujours un mais dans l'histoire. Ne pas regretter, avancer, évoluer, sans cesse.
Il y a souvent besoin de peu pour savoir que l'on aime et que l'on est aimé. La famille c'est peut-être le lien le plus fort qu'il puisse exister. La famille c'est tout ce qu'on a quand on perd beaucoup.
Une pensée de plus pour une famille qui est ballotée par les vents violents de La Série Noire. Cette fois on essayera de ne perdre personne en route et de sortir de cette tempête pour continuer notre chemin ensemble. Tenons bon !

lundi 5 octobre 2009

Les séries noires



Assise sur un cadavre de tronc d'arbre, la plaine s'étendait à ses pieds sur des kilomètres. Au loin elle entendait la marche sourde de l'ennemi qui avançait dans les terres de son pays. Penser à ce qui allait être détruit ne servait à rien. Penser à ceux qui allaient mourir ne la réjouissait pas. Le mieux était encore de ne penser à rien... ou presque.
Un picotement familier remonta le long de ses vertèbres. Elle avait espérer ne jamais le ressentir à nouveau. Il fallait se faire une raison.
Elle lâcha un soupir de lassitude et ramassa son paquetage qu'elle avait déposé au sol. Le contact du fourreau de l'épée le long de sa hanche lui rappela qu'elle n'en avait pas encore fini avec cette histoire. Un jour, elle retournerait définitivement chez elle... un jour.


Il y a des fois où on aimerait être ailleurs, vivre une autre vie que celle qui nous est proposée.
Et pourtant c'est la vie, la notre, et il nous appartient d'en faire ce que l'on veut. Tout est une question de choix. Ceux qu'on fait aux bons ou mauvais moments, qu'ils soient justes ou non. C'est ce qui façonne notre vie.
Aujourd'hui une vie part pour aller vers l'inconnu. C'est la loi des séries noires, ce qui me fait dire que si Dieu existait vraiment, il est impitoyable et certainement pas aussi clément qu'on aimerait nous le faire croire.
Mes pensées vont pour toi Gilles...

mercredi 23 septembre 2009

Destins croisés - Episode 3


La seule chose que j'avais à faire était d'infiltrer l'ennemi, d'obtenir toutes les informations existantes sur l'affaire des Cœurs Volés, de m'introduire dans les hauts-lieux de la Citadelle et de reprendre mon bien le plus précieux. Et bien entendu par la même occasion de libérer les autres Cœurs. Si je voulais prendre la bonne branche de l'avenir c'est ce que je devais accomplir.
La seule chose que j'avais à faire... était tout simplement impossible à réaliser. La Citadelle grouillait de gardes triés sur le volet, de Mages tous plus puissant les uns que les autres, et les plus terribles sortilèges épiaient les pensées de tout être vivant à l'intérieur de l'enceinte ainsi que dans un rayon de dix kilomètres.
Je me sentis soudain prise à la gorge par un destin qui m'échappait de plus en plus. Jamais je n'avais autant eu le sentiment que le contrôle de ma vie m'échappait. Comment me sortir de cette impasse ? Le Prophète avait pourtant vu qu'il existait un moyen de prendre la bonne voie. Mais j'étais seule, et cette fois je ne pourrai plus compter sur une aide opportune. Je devais me faire une raison.
Lasse, j'étouffai les dernières braises du feu de camp et rassemblai mes quelques affaires. Le contact de la lame de mon épée le long de ma cuisse me donna le courage nécessaire de me lever et de poursuivre mon chemin.

Une petite projection dans l'avenir, je n'ai pas encore la trame exacte de la suite de la première nouvelle, mais ça se dessine peu à peu dans ma tête...

vendredi 4 septembre 2009

Destins croisés - Episode 2


Comment avais-je pu en arriver là ?
Telle est la question que je me pose depuis quelques mois déjà. Qui aurait pu penser que je ferais partie un jour de l'Ordre des Templiers ? Sûrement pas moi. Pourtant le fait est bien là. Chaque jour je risque ma vie pour un homme qui m'a trahie. Où cela me mènera ? Je n'en ai aucune idée. Mais j'ai la conviction que mon destin est d'être là, de rester aux aguets et veiller à la sûreté du nouvel Empereur. Trop de choses dans ce monde dépendent de sa survie, et le Prophète avait confirmé mon sentiment. Sa survie est liée à la mienne, et je ne survivrai qu'en étant au front avec des frères d'armes qui ignorent tout de moi, jusqu'au son de ma voix.
Seule la présence de Taen, mon fidèle ami depuis le début me permet de ne pas sombrer dans la folie.
Peut-être est-ce la revanche que j'attends en regard de mon ancienne vie. Peut-être... mais peut-être pas. L'avenir est à ce point incertain que le Prophète le vît se diviser en de nombreuses branches. A moi de prendre la bonne et de garder le Cap. Pour quels desseins ?


Voici Eléonaure quelques année après le premier épisode. La première nouvelle est en cours d'élaboration. La trame est déjà tracée, "il ne reste plus qu'à" rendre le tout cohérent et commencer un gros boulot de réécriture dont je n'aurais probablement jamais le temps de faire.